Critique : Lewis Furey, Selected songs recital

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427Lewis Furey s’in­stalle pour quelques dates dans le superbe écrin de l’Eu­ropéen, his­toire d’of­frir au pub­lic une sélec­tion de ses chan­sons. Parce que les ama­teurs de théâtre musi­cal auraient bien tort de réduire l’homme au met­teur en scène de la dernière ver­sion en date de Star­ma­nia. Lewis Furey est avant tout un excel­lent musi­cien dou­blé d’un auteur, un vrai. Ce réc­i­tal pour deux pianos (Alcib­i­ade Minel) et qua­tre voix (Sophie Hart et Valérie Belin­ga) restera dans vos mémoires comme un moment de pur bon­heur, hors du temps. Une ambiance intem­porelle et sans attache­ment géo­graphique (sommes-nous dans un cabaret berli­nois, un bar de Mon­tréal, un théâtre de Broad­way ?) se développe dès les pre­mières min­utes, lais­sant tout le tal­ent de l’au­teur et de l’in­ter­prète envelop­per cha­cun des spec­ta­teurs. Certes, Lewis Furey ne donne pas dans la mélodie facile, voilà bien ce qui fait toute la dif­férence. Qu’il pro­pose une vis­ite d’al­bums de jeunesse, de la comédie musi­cale de Gilles : Car­le Fan­tas­ti­ca, ou celle qu’il a écrite avec Leonard Cohen : Night Mag­ic, des chan­sons écrites pour sa com­pagne Car­ole Lau­re (donc la présence énergique et dis­crète en salle par­ticipe de l’é­mo­tion du spec­ta­cle), ce réc­i­tal pos­sède le pou­voir rare de trans­porter l’au­di­toire. Et que dire de l’évo­ca­tion de la comédie musi­cale A&C : Antoine et Cléopâtre, adap­tée de William Shake­speare et présen­tée au Théâtre de la ville en 2006 ? Trois chan­sons en sont extraites, splen­dides et remar­quable­ment servies par l’équipe sus nom­mée enrichie de Clara Furey, à la nature élec­trique. La jeune femme présen­tera égale­ment trois de ses chan­sons, un tal­ent à suivre.

Le monde de Lewis n’est pas lisse, il ne se laisse pas for­cé­ment apprivois­er facile­ment. Mais une fois que la porte est franchie, quel enchante­ment : la voix incom­pa­ra­ble, une déli­cate musi­cal­ité jusque dans ses moin­dres détours. Lewis Furey sem­ble avoir le désir de revenir à la com­po­si­tion, à par­tir sur les routes pour présen­ter ses oeu­vres passées, présentes et futures. Ne man­quez pas ce ren­dez-vous rare.

Pour en savoir plus : le site de Lewis Furey.