On en entend parler depuis des mois – Legally Blonde s’est enfin installé au Savoy Theatre depuis le 5 décembre dernier.
Le film, sorti en 2001, relate l’histoire d’Elle Woods, une blonde pas comme les autres et bien décidée à prendre sa vie en main le jour où son petit ami (Warner) la quitte pour une fille “plus sérieuse”. A force de travail, de détermination et d’un peu de chance, elle est admise en fac de droit à Harvard. Elle va devoir y affronter les préjugés habituels et se battre pour reconquérir Warner… à moins qu’un autre garçon ne gagne son coeur.
Le musical, comme le film, ne brille pas par sa profondeur. Mais dans la lignée de Priscilla ou Mamma Mia, le but de ce show est avant tout de passer un bon moment, et le contrat est rempli sur ce point-là.
Ca chante, danse et bouge dans tous les sens, parfois au détriment du souffle des artistes, mais l’ensemble est plutôt au point pour un show qui n’est encore qu’en previews. “Whipped Into Shape”, le numéro de cordes à sauter qui ouvre le second acte, est à couper le souffle, dans tous les sens du terme !
Concernant les rôles principaux, Sheridan Smith est une Elle bien différente de Reese Whitherspoon ou Laura Bell Bundy : plus franche, brusque, un peu gauche par moments. On aime ou on déteste, mais au vu de l’ovation obtenue à la fin de la représentation, les Anglais ont fait leur choix. Duncan James est quant à lui soutenu par un grand nombre de fans présentes dans la salle (il fait partie du boys band britannique Blue) et donne une performance honorable en Warner.
Mais les rôles secondaires sont la grande force du cast : Aoife Mulholland, Jill Halfpenny, et surtout le québécois Alex Gaumond en Emmett sont particulièrement convaincants.
Quelques petites différences sont à noter entre le film et le musical, plutôt dans le bon sens : la relation entre Elle et Emmett a été retravaillée pour être un peu moins superficielle, et le tableau “Gay or European” dans l’Acte 2 est juste hilarant.
Le seul vrai point noir sont les décors, qui font vraiment “cheap” et ne sont pas dignes d’une production du West End. Quelques panneaux peints coulissants ne font pas illusion et desservent même la mise en scène. Alors que l’on aurait pu s’attendre à des délires kitsch, le résultat est juste pauvre et terriblement classique. Heureusement, les tableaux dansés relèvent le tout (notamment “What You Want”), même si quelques danseurs de plus auraient été les bienvenus pour donner de la contenance à l’ensemble.
L’accent américain très forcé de Smith et James peut également gêner, mais semble être un parti-pris de la production.
Au final, Legally Blonde n’est pas le spectacle du siècle, mais n’a jamais eu cette prétention. Cela reste un très bon choix pour une soirée légère entre filles.