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Critique : Jest End

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jest-endAlors que For­bid­den Broad­way se jouait dans le char­mant mais excen­tré théâtre du Menier, à Lon­don Bridge, Jest End a investi la petite salle du Jermyn Street The­atre au coeur du West End. Pied de nez sup­plé­men­taire de ce spec­ta­cle poli­tique­ment incor­rect à l’humour décoiffant.

Le principe reste le même : qua­tre artistes accom­pa­g­nés d’un piano, reprenant des grands airs de comédie musi­cale pour les par­o­di­er dans des saynètes de cabaret. On y retrou­ve les hits du moment (Priscil­la, Hair­sprayOliv­er!…), les spec­ta­cles atten­dus (Legal­ly Blonde), et les clas­siques (les indétrôn­ables Phan­tom et Miz). Rien de bien neuf, donc, dans le principe. Mais pourquoi s’en priv­er quand le résul­tat est bon ?

Jest End a été créé il y a quelques années par Gar­ry Lake (Pop dans le cast actuel de We Will Rock You) et ren­con­tre un cer­tain suc­cès en Angleterre. Vu comme une réponse au tra­di­tion­nel For­bid­den Broad­way (créé il y a 27 ans !), Jest End se veut plus jeune, un peu plus méchant, et beau­coup plus britannique.

Evidem­ment, cela fonc­tionne – d’une part grâce à un humour piquant et même par­fois un peu cynique, mais surtout grâce à un cast remar­quable (Lau­ra Bry­don, Jodie Jacobs, Stu­art Matthew-Price et Chris Thatch­er) qui mérite à lui seul de venir voir ce show. Ils ne sont pas de grands noms du West End, mais tous ont un réel poten­tiel et prou­vent une fois de plus la qual­ité des artistes présents outre-Manche.

Les numéros s’enchaînent à une vitesse folle ; le spec­tac­teur doit s’accrocher et surtout avoir une sérieuse cul­ture du théâtre musi­cal bri­tan­nique : les références aux pro­duc­teurs, théâtres, artistes, can­di­dats de télé-réal­ité sont légion et la base de nom­breuses blagues. Et là où For­bid­den Broad­way a un côté plus uni­versel et acces­si­ble, Jest End au con­traire ne s’empêche pas les références obscures et ne cherche pas la facil­ité. C’est d’ailleurs la force et la faib­lesse du spec­ta­cle ; car l’on rit d’autant plus à cer­taines références “under­ground”, mais reste impas­si­ble devant cer­tains pas­sages qui sem­blent n’avoir pas de sens.

Au final, Jest End per­met de pass­er une soirée très agréable et de sor­tir des sen­tiers battus.
Et si devant le pan­neau du TKTS à Leices­ter Square vous ne savez pas quoi choisir car vous avez déjà (qua­si­ment) tout vu, ne cherchez pas, ce spec­ta­cle a été créé pour vous.

Vous pou­vez lire l’interview de Gar­ry Lake faite par l’équipe de whatsonstage.com en cli­quant ici.