Critique : Au temps des croisades

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Charlotte Saliou, Olivier Hernandez © Elisabeth de Sauverzac
Char­lotte Saliou, Olivi­er Her­nan­dez © Elis­a­beth de Sauverzac

La com­pag­nie des Brig­ands se fait un devoir d’ex­humer des oeu­vres du réper­toire lyrique dit « léger », et ce pour notre plus grand plaisir. Et cette année encore, avec l’opéra bouffe : Au temps des croisades, le défi est bril­lam­ment relevé.

En plein Moyen Age, Bertrade, la châte­laine, attend depuis trois ans le retour de son époux, par­ti en Pales­tine. Ses deux cham­brières, Corinne et Carine, atten­dent elles aus­si avec une cer­taine impa­tience le retour du châte­lain puisque, selon la tra­di­tion, ce dernier doit dépucel­er les donzelles avant qu’elles ne puis­sent se mari­er. Et se mari­er, elles en ont sacré­ment envie. Du coup elles échafau­dent un plan en détour­nant ce droit de cuis­sage. Pourquoi ne pas bous­culer les usages et que, au vu de l’ur­gence de la sit­u­a­tion, ce soit la châte­laine qui déni­aise les futurs mar­iés ? Et hop, c’est par­ti pour un peu moins de deux heures (entracte com­pris… Ce dernier ayant son impor­tance) de folie pure. Les gags s’en­chaî­nent, servis par une troupe au dia­pa­son du met­teur en scène Philippe Nicolle et ses méth­odes peu tra­di­tion­nelles (il vient du théâtre de rue et à l’o­rig­ine de la com­pag­nie des 26 000 cou­verts, égale­ment impliquée dans la pro­duc­tion). Ce qui, du coup, insuf­fle un coup de jeune salu­taire dans la troupe qui prend vis­i­ble­ment plaisir à diver­tir le public.

Déjà auteurs du Sire de Ver­gy, présen­té voici quelques années au théâtre des Bouffes Parisiens, sur une intrigue qui ne manque pas de points com­muns avec celle de ce Temps des croisades, le cou­ple Ter­rasse/Franc-Nohain lâche la bride à une inspi­ra­tion des plus loufo­ques, que la mise en scène met en avant en ajoutant d’autres anachro­nismes et des par­ti pris tranchés. Alors certes l’ar­gu­ment n’est que pré­texte, sans doute l’oeu­vre mérit­erait-elle d’être un peu plus resser­rée, mais l’am­biance générale l’emporte, grâce au superbe cast­ing, tant vocal que musi­cal. Menés par une Char­lotte Sar­i­ou absol­u­ment irré­sistible (qui a juste ce qu’il faut d’a­battage et une sou­p­lesse défi­ant toute con­cur­rence), les pro­tag­o­nistes ne ména­gent pas leurs efforts pour per­me­t­tre à chaque spec­ta­teur d’é­clater de rire.

Un pur plaisir à savour­er jusqu’au 3 jan­vi­er au théâtre de l’Athénée puis en tournée.

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