Cleopâtre, la dernière reine d’Egypte

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Mise en scène et choré­gra­phie de Kamel Ouali.
Paroles de Lionel Flo­rence et Patrice Guirao
Com­po­si­tions de  Benoit Poher et Fabi­en Dubos (Kyo), Souad Mas­si, Lau­re Milan, Veg­as­tar, Davide Espos­i­to, Yvan Cassar.
Avec : Sofia Essaï­di, Christo­pher Stills, Meh­di Kerk­ouche, Dominique Magloire, Flo­ri­an Eti­enne, Mick­ael Trodoux…

Après Autant en emporte le vent et Le Roi Soleil, Kamel Ouali signe avec Cléopâtre, la dernière reine d’E­gypte sa troisième mise en scène. Cette fois-ci, il est entière­ment à l’o­rig­ine du pro­jet et en a dirigé toutes les phas­es. Il a donc eu les mains libres pour faire le spec­ta­cle qu’il voulait et ça se voit ! C’est un véri­ta­ble flo­rilège des fig­ures imposées de la « Kamel touch » où tout est fait pour le seul et unique plaisir des yeux : décors imposants et plutôt réus­sis, cos­tumes bril­lants et col­orés (dorés pour les Egyp­tiens et rouges pour les Romains) et des lumières dignes d’un show télé. Et puis, comme dans ses précé­dents spec­ta­cles, il y a des danseurs (trapézistes?) qui vire­voltent dans les airs, des tableaux oniriques pas tou­jours com­préhen­si­bles, une scène de bataille. Deux autres points com­muns avec Le Roi Soleil : un per­son­nage excen­trique mon­té sur ressorts qui sautille dans tous les sens ( Christophe Maé (frère du Roi) laisse sa place à Meh­di Kerk­ouche (Ptolémée)) et un final aqua­tique (après la fontaine c’est main­tenant un pédiluve géant dans lequel s’ébrouent des danseurs).

La pre­mière par­tie est plutôt plaisante à regarder, ryth­mée, offrant de beaux tableaux à l’esthé­tique réussie et des choré­gra­phies d?ensemble effi­caces. En revanche, avec son enchaîne­ment de chan­sons molles et une action qua­si au point mort, la deux­ième par­tie nous plonge dans un ennui pro­fond, et ce, mal­gré un ou deux jolis tableaux intéres­sants comme les deux mar­i­on­nettes géantes artic­ulées (hom­mage au Roi Lion ?). Si on arrive à suiv­re l’his­toire, c’est unique­ment grâce aux dia­logues plutôt bien écrits car les chan­sons sont vrai­ment le point faible de Cléopâtre. On avait déjà l’habi­tude que les textes des chan­sons de ce genre de spec­ta­cle soient inaudi­bles et sans rap­port direct avec l’his­toire, mais au moins quelques unes pro­po­saient une musique effi­cace, une mélodie accrocheuse qu’on rete­nait facile­ment. Là ce n’est même pas le cas, à part un ou deux morceaux dans la pre­mière par­tie, l’im­pres­sion d’en­ten­dre tou­jours la même chan­son domine.

Si vocale­ment les inter­prètes se mon­trent à la hau­teur, ils sont glob­ale­ment beau­coup moins con­va­in­cants dans les scènes de comédie. Certes, ce sont avant tout des chanteurs mais on aurait appré­cié qu’ils soient un peu plus crédi­bles dans l’in­car­na­tion de leurs per­son­nages. Heureuse­ment, l’ex­cep­tion vient de Sofia Essai­di qui joue une Cléopâtre sen­suelle, com­bat­ive, pas­sion­née. Avec une présence scénique indé­ni­able, elle porte le spec­ta­cle. On la savait déjà bonne danseuse et chanteuse, elle se révèle égale­ment être une comé­di­enne fort hon­or­able. Voilà un bon point à met­tre au crédit de Kamel Ouali qui l’a tout de suite imag­inée dans ce rôle.