Claire Solen — Flash

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Pièce de Frank Thomas
Mon­tée par Hervé Devolder
Avec Claire Solen

Avec Hervé Devold­er, l’au­teur-com­pos­i­teur de la char­mante comédie musi­cale Chance, on peut s’at­ten­dre à des chan­sons bien troussées. Pour Flash, il s’est asso­cié à l’au­teur Franck Thomas pour réalis­er en chan­sons un cock­tail d’hu­mour et de ten­dresse au quo­ti­di­en. Led­it quo­ti­di­en évo­qué ici est peu glam­our, puisqu’il tourne autour d’une vendeuse de frian­dis­es instal­lée à côté d’un pho­toma­ton. Elle s’ap­plique à restituer en chan­sons les por­traits de pas­sants qui sont venus se faire tir­er le por­trait. À cha­cun sa petite his­toire. C’est drôle, ou triste, selon les cas, et glob­ale­ment attachant en dépit des tran­si­tions par­lées un peu creuses. Un ton léger règne sur des sujets graves : la vie, l’amour, la fin de l’amour et la mort. Bref, rien que du bien nor­mal. Le trait dis­tinc­tif tient à la suc­ces­sion de tableaux emprun­tés au music-hall à l’an­ci­enne, avec ses per­son­nages ordi­naires que des chan­sons illu­mi­nent quelques instants.

Tous les per­son­nages sont incar­nés suc­ces­sive­ment par Claire Solen et elle s’en sort plutôt agréable­ment, en dansant et chan­tant avec appli­ca­tion. Par brefs instants, sa voix peut sem­bler fatiguée ou égarée, mais il sem­ble qu’un bon tra­vail peut amélior­er son aisance et son ray­on­nement car la jeune femme a incon­testable­ment du cof­fre. Quelque­fois, on croirait enten­dre des accents de Nicole Croisille ou Patri­cia Kaas. Dans le reg­istre dif­fi­cile du chan­té-dan­sé, Claire Solen laisse entrevoir un poten­tiel très promet­teur. Nous espérons avoir l’oc­ca­sion d’as­sis­ter à sa pro­gres­sion dans le théâtre musical.

La touche «music-hall» mât­inée de jazz est soulignée par deux musi­ciens sur scène : un pianiste et un gui­tariste. Ils pro­curent le rythme et la vital­ité à cette galerie de per­son­nages. Pour appréci­er Flash, il faut rester atten­tif aux paroles et sen­si­ble à cette musique qui peut sem­bler datée, mal­gré ses arrange­ments d’au­jour­d’hui. Mod­este, un peu iné­gal, mais pas mal­adroit, ce spec­ta­cle est une con­struc­tion rétro han­tée par les esprits du music-hall d’antan.