Cinq filles couleur pêche

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Une pièce de Alan Ball ? Adap­ta­tion de Anny Romand et Yvon Marchiano.
Une mise en scène de Marie-Lau­re Malric.

Avec Vanes­sa Aiffe, Del­phine Her­rmann ou chris­telle Frigout, Héloïse Mar­tin, Lau­re Sardin et Vijaya Tassy.

Un spec­ta­cle mar­rainé par Julie Ferrier.

Cri­tique parue lors des représen­ta­tions de 2003

D’Alan Ball, célèbre scé­nar­iste de Amer­i­can Beau­ty et Six Feet Under, on con­naît désor­mais la façon à la fois caus­tique et pro­fondé­ment humaine de décrire la mid­dle-class améri­caine, la ten­dre ironie de son trait et la douce féroc­ité qui ani­me ses per­son­nages au point de tou­jours les plac­er sur le fil, entre rai­son et déraison.
C’est ce style très per­son­nel que l’on retrou­ve aujour­d’hui dans Cinq filles couleur pêche. Créée en 1993 à New York, cette comédie lui val­ut d’être repéré par Hol­ly­wood et de faire la car­rière que l’on sait.

Au cours d’un mariage chic dans le sud des Etats-Unis, les cinq demoi­selles d’hon­neur se retrou­vent dans la cham­bre du haut pour échap­per à l’en­fer d’en bas. De « small talk » en grandes con­ver­sa­tions, les jeunes femmes vont finir par se livr­er, se dévoil­er, régler leurs comptes avec le passé ou révéler d’in­times secrets. C’est sou­vent drôle, par­fois cru­el et bitchy, en bref, du Ball ron­de­ment écrit bien que la par­en­thèse roman­tique puisse sem­bler con­ven­tion­nelle et déjà vue. L’alchimie entre les cinq comé­di­ennes fonc­tionne à mer­veille. Cha­cune d’elles a son moment de gloire mais la verve et l’én­ergie de Camille Japy et Elis­a­beth Vitali font mouche à chaque réplique. Des beaux por­traits de femmes entre rires et désillusions.