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Cinéma : White Lightnin’

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19228352Voilà un objet ciné­matographique éton­nant, déroutant qui a le mérite de ne pas laiss­er indif­férent. Atten­tion toute­fois, la vio­lence du film réduit son audi­ence, il n’est pas des­tiné à tous les publics. Basé sur l’histoire véridique de Jesco White, élevé par des par­ents fauchés dans l’Amérique pro­fonde, pro­fonde, mais alors bien pro­fonde (à tel point que l’on ne serait pas éton­né que la famille ait pour voisin les dégénérés du film Délivrance). Drogué dès son plus jeune âge à la colle, atteint de trou­bles psy­chi­a­triques impor­tants qui provo­quent des accès de vio­lence de plus en plus durs, le jeune garçon passe des séjours fréquents en cen­tre de redresse­ment. Sa mère est comme absente et son père ador­erait lui trans­met­tre sa pas­sion pour les cla­que­ttes. Finale­ment la fil­i­a­tion se pro­duit, et la danse coun­try con­stitue une renais­sance pour Jesco. Mais, rat­trapé par ses démons, elle ne suf­fi­ra pas à éviter la chute du garçon, devenu adulte…

Dominic Mur­phy signe une mise en scène culot­tée, un rien poseuse avec ses noirs qui ryth­ment chaque séquence. L’image délavée, la bande son, le jeu des comé­di­ens provo­quent un sen­ti­ment d’enfermement total, à l’instar de la folie vécue par Jesco, magis­trale­ment inter­prété par Edward Hogg. La fin de l’histoire, sous forme de crise mys­tique par­ti­c­ulière­ment grandil­o­quente, est sans doute le point faible du film. En effet, après des séquences de tor­ture grat­inées (Jesco fait pay­er à deux abrutis l’assassinat de son père, et la mise en scène en rajoute à l’en­vi dans le mor­bide), le film devient totale­ment hys­térique, et c’est dom­mage. En effet on aimerait savoir ce qui est réelle­ment advenu au véri­ta­ble Jesco White, son par­cours étant sans nul doute plus cap­ti­vant que ce final un rien pompier.

Aban­don­nant les planch­es de Broad­way Car­rie Fish­er, la fille de Deb­bie Reynolds plus con­nue du grand pub­lic pour avoir incar­né à 19 ans la princesse Leïa dans Star Wars, campe ici un per­son­nage ambiva­lent, le seul qui per­met à Jesco d’avoir, pour un temps, un peu con­fi­ance en lui. Rap­pelons que la comé­di­enne était récem­ment à Broad­way, dans l’adaptation scénique de son livre auto­bi­ographique. Wish­ful Drink­ing a rem­porté un suc­cès très hon­or­able au Stu­dio 54. Un film âpre et vio­lent, une expéri­ence par­ti­c­ulière à réserv­er aux amateurs !

Film inter­dit aux moins de 16 ans

White Light­nin’ – scé­nario de Shane Smith et Eddy Moret­ti. Réal­i­sa­tion de Dominic Murphy.
Avec : Edward Hogg, Car­rie Fish­er, Kirk Bovill, Stephanie Asta­los-Jones, Owen Camp­bell, Muse Watson,…?sortie le 17 févri­er 2010 – durée : 90 minutes