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Cinéma : A single man

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singlemanChristo­pher Ish­er­wood pos­sède un lien priv­ilégié avec la comédie musi­cale puisque son superbe livre : Adieu Berlin a servi de base à Cabaret, l’une des œuvres les plus puis­santes du réper­toire. Un court roman : Un homme au sin­guli­er, a inspiré Tom Ford pour son pre­mier film. L’ancien styl­iste star met donc en scène, avec une cer­taine élé­gance, l’histoire de cet homme qui souhaite met­tre fin à ses jours parce qu’il ne sup­porte pas le décès de son ami.

Nous sommes dans l’Amérique des années 60 et suiv­re ce bril­lant pro­fesseur d’université durant toute une journée. Il va ren­con­tr­er des garçons et notam­ment Ken­ny, un de ses étu­di­ants, qui lui per­me­t­tra d’envisager l’avenir dif­férem­ment. Mais peut-il lut­ter con­tre le destin ?

Là où le roman prend son temps et dif­fuse une langueur intéres­sante, Tom Fort choisit d’imposer un per­son­nage – Ken­ny inter­prété par Nicholas Hoult – comme fig­ure récur­rente. L’idée n’est pas mau­vaise mais pose les lim­ites du film. En revanche la séquence, égale­ment impor­tante et impres­sion­nante dans le livre, avec sa voi­sine Char­lotte, chez qui il passe ce qui sera son ultime soirée. Une voix-off occupe une large place dans le film, à l’instar du livre. L’image en scope, mal­traitée par des jumps cut (passés le pre­mier quart d’heure, ce principe de mon­tage de coupe vis­i­ble dans le même plan se calme), cadre avec une pré­ci­sion les acteurs et les décors, nim­bés dans une lumière très chaude, crépusculaire.

La force de Tom Ford est de per­me­t­tre aux émo­tions d’ar­riv­er à s’ex­tir­p­er mal­gré tout de la plas­tique, certes fort belle, du film. Ce dernier atteint une forme de spir­i­tu­al­ité, que le réal­isa­teur appelle de ses vœux. Dom­mage alors que les dernières min­utes du film l’orientent vers un mélo­drame appuyé, frag­ilisant l’équilibre mis en place. Col­in Firth a rem­porté plusieurs prix d’interprétation, ample­ment mérités. Rarement il a don­né à un per­son­nage une telle puis­sance intérieure. Julianne Moore est par­faite, comme à son habi­tude, dans ce rôle de femme délais­sée et dérac­inée. Un mélo cou­ture, à découvrir.

A sin­gle man – scé­nario de Tom Ford et David Scearce d’après le livre de Christo­pher Isherwood.

Réal­i­sa­tion de Tom Ford
Avec : Col­in Firth, Julianne Moore, Matthew Goode, Nicholas Hoult,…?sortie le 24 févri­er 2010 – durée : 90 minutes