Christian Vézina — Un chorégraphe étoile !

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Christian Vézina ©DR
Chris­t­ian Véz­i­na ©DR

Par­lez-nous de votre formation ?
Je pense que ma for­ma­tion a vrai­ment débuté lorsque j’avais neuf ans. À cette époque, je fai­sais des com­péti­tions de pati­nage artis­tique. J’y ai appris la dis­ci­pline, les répéti­tions de mou­ve­ments et la musi­cal­ité. J’en ai fait jusqu’à mes seize ans. Ensuite, j’ai pour­suivi ma for­ma­tion en danse au Cégep de Ste-Foy, à Québec, avec une troupe d’a­ma­teurs. J’ai aus­si pris des cours de bal­let, jazz et con­tem­po­rain à l’Ecole de Danse de Québec. Lors d’un voy­age à Mon­tréal, j’ai vis­ité les Grands Bal­lets Cana­di­ens et, après dis­cus­sion avec l’un des pro­fesseurs, on m’a pris à l’es­sai dans un classe de danseurs plus âgés. Il faut dire que j’avais 19 ans. Finale­ment, j’ai suivi une for­ma­tion de trois ans à l’Ecole Supérieure de Danse du Québec, à Mon­tréal. C’é­tait un rêve pour moi ; jamais je n’au­rais pen­sé qu’à 19 ans, je débuterais une car­rière en danse.

Vous êtes l’un des choré­graphes du Match des Étoiles. Le fait de n’avoir que douze heures pour enseign­er une choré­gra­phie à un artiste doit être tout un défi.
Je trou­ve cela très stim­u­lant ! Je pense que, dans la majorité des cas, j’ai emmené l’artiste au-delà de ce qu’il pen­sait pou­voir faire. J’es­saie de leur faire sen­tir qu’ils sont des danseurs. Je leur fais exé­cuter des choses assez com­plex­es. A cer­taines occa­sions, j’ai eu à chang­er com­plète­ment la choré­gra­phie et, quelques fois, c’est très laborieux. Mais ça m’a per­mis de faire de très belles ren­con­tres. C’est incroy­able, j’ai dan­sé pen­dant des années, dans des théâtres ; les gens ne s’aperce­vaient pas du tra­vail que j’ac­com­plis­sais puis, en deux min­utes au Match des Etoiles, plus de deux mil­lions de gens ont vu, à l’écran, le résul­tat de nos créa­tions. C’est vrai­ment une belle récompense.

Lors du Match des Etoiles, quel a été votre plus beau moment ?
Josée Lav­igeur ! (gag­nante, ex æquo, avec Frédéric Pierre, en 2006/2007). Elle a une énergie du ton­nerre, des capac­ités incroy­ables. Après notre pre­mière ren­con­tre, lors des six­ièmes quarts de finale, j’ai demandé à retra­vailler avec Josée. Je voulais l’emmener dans un autre monde, plus ten­dre, une nou­velle ambiance qu’elle n’avait jamais explorée. Je suis très heureux de ne pas avoir fait de com­pro­mis dans cette choré­gra­phie « gag­nante ». Je suis resté en con­tact avec Josée. Cette ren­con­tre fut le début d’une belle his­toire d’ami­tié entre nous.

Vous avez par­ticipé à Cabaret, par­lez-nous de cette expérience.
Mon spec­ta­cle préféré ! Je n’avais pas un des rôles prin­ci­paux mais comme les per­son­nages sec­ondaires représen­taient, entre autres, la « déca­dence », tu sen­tais que ton rôle était impor­tant pour le déroule­ment de l’his­toire ! La troupe avait une écoute et un respect extra­or­di­naires et ce, pour cha­cune des dis­ci­plines sur le plateau.

Vous avez réal­isé les choré­gra­phies de Des Grenouilles et des Hommes, par­lez-nous cette comédie musicale.
Je tra­vail­lais avec Joël Legendre (met­teur en scène) sur la pro­duc­tion Revue et Cor­rigé, au Théâtre du Rideau Vert lorsque le pro­jet Des Grenouilles et des Hommes est arrivé. Joël m’a demandé d’être le choré­graphe. Il con­nais­sait mon tra­vail dans le passé. L’ac­tion des Grenouilles et des Hommes se passe en plein coeur de l’été autour d’une piscine publique. Qua­tre his­toires d’amour se jouent de la façon la plus sérieuse du monde. Pour ce qui est des choré­gra­phies, elles sont assez var­iées car les chan­sons sont des repris­es bien con­nues du pub­lic avec un arrange­ment dif­férent, comme « Y a de l’amour dans l’air » reprise à la « sauce Sam­ba »! Grâce aux nou­veaux arrange­ments musi­caux, ca ne fait pas trop vieil­lot. On ressent l’hu­mour, même dans mes chorégraphies.

Par­lons du « hit » de l’été, Neuf ! Vous-êtes vous basé sur les choré­gra­phies orig­i­nales pour la ver­sion présen­tée à Montréal ?
Pas du tout ! Il n’y a absol­u­ment rien d’i­den­tique à la ver­sion de Broad­way. J’avais des direc­tives très pré­cis­es de la part de Denise Fil­i­a­trault mais j’ai fait mes pro­pres inter­pré­ta­tions. Je n’avais pas envie de copi­er. J’ai vu, sur vidéo, la ver­sion de Broad­way. J’avais aimé mais je trou­vais le spec­ta­cle trop long. D’après moi, la ver­sion présen­tée ici est plus vivante, dynamique et, aus­si, plus humaine que la ver­sion de Broad­way. Dis­ons que, pour l’aspect choré­gra­phie, c’est ma créa­tion du début à la fin.

Quels étaient les défis pour Neuf ?
Avoir une troupe de dix artistes — au lieu de trente — et seule­ment deux danseuses. Il faut tenir compte de la con­trainte de temps que j’avais pour mon­ter les choré­gra­phies afin d’avoir une bonne syn­ergie sur la scène.

Quels sont vos projets ?
Je serai de retour dans le Match des Etoiles. Je reprends mon rôle de choré­graphe dans Revue et Cor­rigé 2007 au Théâtre du Rideau Vert. Je ferai par­tie aus­si, peut-être, de la dis­tri­b­u­tion de Sweet Char­i­ty ; j’y songe encore. J’ai égale­ment un autre pro­jet de comédie musi­cale, avec Joël, pour l’été 2008. Je ferai la tournée de My Fair Lady en jan­vi­er. Et j’aimerais bien atta­quer l’Eu­rope pour y tra­vailler comme concepteur.