La Chauve-Souris (Critique)

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chauve_souris_image_principale_blanc-bdLa Chauve-Souris
Johann Strauss

Opérette en 3 actes créée à Vienne, 1874.
Nou­velle ver­sion française de Pas­cal Paul-Harang.

Direc­tion musi­cale, Marc Minkowski
Mise en scène, Ivan Alexandre

Avec Stéphane Degout, Chiara Skerath, Sabine Devieil­he, Philippe Tal­bot, Flo­ri­an Sem­pey, Franck Leguérinel, Kang­min Justin Kim, Christophe Mortagne, Jodie Devos, Atmen Kelif, Jacques Gomez, Del­phine Beaulieu

Orchestre et chœur, Musi­ciens du Lou­vre Grenoble

Dans sa vil­lé­gia­ture des envi­rons de Vienne, le prince Orlof­sky organ­ise un bal masqué que Me Falke va met­tre à prof­it pour se venger de son ami Eisen­stein, lui-même sous le coup d’ennuis judi­ci­aires. Lors de la fête, com­plots et men­songes empor­tent dans un tour­bil­lon tous les acteurs de la société – mais ne faut-il pas être un peu faus­saire pour prof­iter de l’existence ?

Notre avis : La Chauve-souris a été créée à Vienne en 1874 par Johann Strauss sur un livret de Karl Haffn­er et Richard Genée qui s’étaient inspirés de la pièce de théâtre à suc­cès Le Réveil­lon d’Henri Meil­hac et Ludovic Halévy. Pour une œuvre autrichi­enne d’inspiration française, à la fois très vien­noise et très parisi­enne, la ques­tion de la tra­duc­tion est très déli­cate. Et de ce point de vue, la nou­velle adap­ta­tion présen­tée par l’Opéra Comique est très réussie. Le texte est mod­erne sans être for­cé­ment actuel, ce qui lui donne un car­ac­tère intem­porel très appré­cia­ble et les par­ties chan­tées sont très fluides.

La mise en scène très cohérente accuse quelques longueurs dans la pre­mière par­tie mais a l’avantage de pos­er claire­ment la sit­u­a­tion et les per­son­nages. On y décou­vre une Sabine Deviel­he par­faite, telle­ment à l’aise en Adèle que le rôle sem­ble avoir été écrit pour elle.

Après l’entracte, la deux­ième par­tie est très enlevée et le rythme ne faib­lit plus jusqu’au final dans la prison qui est digne des meilleurs vaude­villes. Flo­ri­an Sem­pey est extrême­ment drôle en Maître Falke et l’excentrique presta­tion de Dan­g­min Justin Kim fait de la fête chez le prince Orlof­sky un moment de grand délire par­ti­c­ulière­ment savoureux

La réus­site tient à la grande qual­ité de l’ensemble de la dis­tri­b­u­tion tant au niveau vocal que théâ­tral et le plaisir que pren­nent les artistes sur scène est irré­sistible­ment com­mu­ni­catif. En cette péri­ode de fêtes, La Chauve-Souris est le spec­ta­cle idéal pour finir l’année dans la joie et la bonne humeur.