Charlene Duval — Ze diva is back !

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Charlene Duval ©DR
Char­lene Duval ©DR

D’où venez-vous, Charlène ? 
Ma for­ma­tion, c’est le music hall, j’ai tout appris à cette dure école. Je me suis beau­coup nour­rie des autres aus­si. Etre sur les planch­es n’est pas vrai­ment une voca­tion, il y a bien un autre méti­er que j’au­rais fait parce qu’il était assez facile et il demande encore moins de qual­i­fi­ca­tions, mais cela risquait d’être un petit peu dan­gereux… Et puis je préfère être vue toute seule sur une scène par quelques mil­liers de per­son­nes plutôt que sur un trot­toir par quelques passants.

Vous êtes d’o­rig­ine provin­ciale ou parisienne? 
Espag­nole ! Ma mère, qui s’est séparée de mon père, a quit­té l’Es­pagne en 36 avec moi toute petite et une méchante valise. Nous avons passé les Pyrénées et sommes arrivées en France. Mon vrai nom est Car­lot­ta Hele­na (Lopez). La con­trac­tion des deux donne Char­lène. Duval était le nom de mon tout pre­mier mari. J’aime beau­coup ce nom car il est assez peu­ple et con­traste bien avec la sophis­ti­ca­tion de Char­lène. Un peu femme du monde mais proche du peu­ple, en somme.

Vous avez com­mencé sur scène à quel âge? 
Très jeune car j’ai eu la chance de pou­voir par­tir en Angleterre fin ’39. Une de mes pre­mières appari­tions sur une grande scène, même si je ne fai­sais pas grand chose, ce fut le gala des Forces Français­es de l’In­térieur au Roy­al Albert Hall en présence du Général de Gaulle. J’é­tais qua­si­ment en bras­sière, mais quel souvenir!

Il me sem­ble que l’on vous a un peu vue au Piano Zinc à Paris, non? 
Oui, quelques amis m’y emme­naient de temps en temps. J’avoue que c’est ce qui m’a un peu redonné envie de chanter. Très offi­cielle­ment, voilà 22 ans que j’ai tout arrêté. Le fait d’avoir chan­té au Piano Zinc pour des amis m’a fait décou­vrir un nou­veau pub­lic par­mi une clien­tèle à grosse teneur homo­sex­uelle. Peut être faut-il met­tre leur amour sur le compte de l’ad­mi­ra­tion que les gays ont pour des vedettes d’âge mur?

Par­lez-nous un peu de ce nou­veau spectacle.
Vous me ver­rez sur scène pen­dant une heure un quart. Je ne crois pas au retour avec quelque chose de tout neuf : on va venir me voir pour ce que j’ai été et pas pour ce que je vais devenir, l’essen­tiel de ma car­rière est der­rière moi. Ce sera un grand tableau de tout ce que j’ai pu faire comme comé­di­enne, chanteuse, tout en rela­tant les événe­ments essen­tiels de ma vie artis­tique. J’ai voulu un spec­ta­cle énergique et en même temps assez élé­gant. C’est un jeune cou­turi­er qui tra­vaille chez Dior qui fait mes cos­tumes. Vous com­pren­drez dans ces con­di­tions que je ne puisse pas chanter n’im­porte quoi. « Caramela » par exem­ple, que l’on me réclame sou­vent, ne peut s’in­scrire dans ce spec­ta­cle, ce serait d’une incon­gruité totale.

Quelques titres par­mi ceux que l’on pour­ra entendre? 
Par exem­ple, « En douce », qui avait beau­coup marché à l’époque ou encore « I’m in the Mood for Love » qui fut l’une de mes plus gross­es ventes de dis­ques. Plus quelques clins d’oeil à des per­son­nes qui m’ont un peu volé mon réper­toire pour en faire des choses dif­férentes et qui ont eu du suc­cès. Je pense notam­ment à « Le soir » que Line Renaud m’a pris, « La vie en rose » qu’Edith Piaf m’avait don­né et que Mar­lène Diet­rich m’a hon­teuse­ment volé. Je serai un peu ven­ger­esse avec ces gens là, c’est nor­mal… Surtout en ce qui con­cerne Diet­rich qui ne pour­ra plus rien dire. On pour­ra enten­dre égale­ment des chan­sons nou­velles comme la chan­son d’en­trée, « Me revoilà chez moi », com­posée par Christophe Miram­beau qui fait la mise en scène et les textes de liai­son. On a con­coc­té deux petits pots-pour­ris, le pre­mier de sam­ba, l’autre en espag­nol, n’ou­bliez pas que j’ai passé beau­coup de temps en Argen­tine (c’est dans ce pays que j’ai eu mon fils). Au piano, François Debaeck­er et Patrick Laviosa, en alter­nance, m’ac­com­pa­g­neront. Vous imag­inez com­bi­en il a été dif­fi­cile de choisir quelques chan­sons par­mi les 150 de mon répertoire…

Com­ment définiriez-vous votre spectacle? 
Un spec­ta­cle de diver­tisse­ment pur. Je n’ai aucun mes­sage poli­tique ou syn­di­cal à faire pass­er. Seul le mes­sage d’amour avec vous, mon pub­lic, m’in­téresse. J’ai le coeur bat­tant, je vous attends.

Un dernier mot? 
C’est très émou­vant pour moi de savoir que je vais être envoyée dans l’e­space, dans les câbles, par un moyen de com­mu­ni­ca­tion totale­ment nou­veau pour moi. J’avoue que j’ai du mal à m’in­téress­er à ces choses toutes nou­velles, je laisse cela aux jeunes. Toute­fois, je pense que le régime que je suis actuelle­ment me per­met de ren­tr­er dans un ordinateur…