Cécilia Cara — De Juliette à Sandy

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Cécilia Cara dans Grease ©Bernard Mouillon / MC Productions
Cécil­ia Cara dans Grease ©Bernard Mouil­lon / MC Productions

Cécil­ia Cara, après ces deux pre­mières semaines de représen­ta­tions, com­ment vous sentez-vous ?
Je me sens bien. C’est un rythme intense mais ça devient de plus en plus plaisant. Nous com­mençons à pren­dre nos mar­ques, nos per­son­nages évolu­ent chaque jour et ne cesseront jamais d’évoluer d’ailleurs. Nous sommes portés par le pub­lic. On entend les spec­ta­teurs chanter dans la salle, à la fin, ils se lèvent et dansent avec nous, on les sent heureux. C’est incroy­able, un vrai plaisir.

C’est votre retour à la comédie musi­cale, est-ce que cela vous manquait ?
Oui. Ce qui me man­quait c’é­tait de chanter sur scène ; ces dernières années j’ai surtout fait du théâtre. Ce qui me man­quait aus­si et surtout c’é­tait la vie de troupe. Sur Grease, c’est un régal, il y a une ambiance de colonie de vacances, des liens forts se sont créés entre nous. Ce qui se traduit sur scène par une force et une énergie partagées avec les musiciens.

Avec le recul, quels sou­venirs gardez-vous de Roméo et Juli­ette ?
C’é­tait une très belle aven­ture, ma meilleure école. J’avais quinze ans au début et ça a duré qua­tre ans. J’ai presque tout appris, même à con­naître mes lim­ites. J’ai fait des ren­con­tres for­mi­da­bles. J’ai gardé con­tact avec une grande par­tie de l’équipe. J’ai vrai­ment vécu cette aven­ture à fond, j’en ai prof­ité chaque jour.

Le spec­ta­cle a été très médi­atisé à l’époque, vous aus­si. L’é­ti­quette Roméo et Juli­ette n’a-t-elle pas été trop « lourde » à porter pour la suite de votre carrière ?
Pas vrai­ment. J’ai eu la chance d’en­chaîn­er assez vite avec des duos avec Flo­rent Pag­ny et Ronald Keat­ing, le dou­blage du film Le fan­tôme de l’Opéra, de faire du ciné­ma et du théâtre, ça m’a per­mis de me détach­er de mon per­son­nage de Juli­ette. On m’a aus­si pro­posé d’autres comédies musi­cales mais les pro­jets ne m’in­téres­saient pas assez. Je marche beau­coup au coup de coeur, c’est pour ça que j’ai dit oui à Grease.

Qu’est-ce qui vous a motivée pour faire Grease ?
Grease pour moi, c’est culte. C’est l’un des pre­miers films musi­caux que j’ai vu enfant et qui m’a don­né envie de faire ce méti­er. Quelle ado­les­cente n’a pas rêvé d’être Olivia New­ton-John dans Grease ? Je con­nais­sais déjà la plu­part des chan­sons. C’est génial de se rep­longer dans cette péri­ode de la fin des années cinquante, les années rock­’n roll. Et le fait de repren­dre le rôle de Sandy, c’é­tait d’abord un chal­lenge tant la presta­tion d’O­livia New­ton-John dans le film est ancrée dans nos mémoires.

Com­ment voyez-vous Sandy, votre personnage ?
Au départ, quand elle arrive à Rydell, Sandy est une jeune fille prude, sérieuse, raisonnable, qui ne fume pas, ne boit pas, une bonne élève, bien élevée. Elle va évoluer dans cette école grâce aux Pink Ladies, un groupe de filles exubérantes et délurées, qui vont la sec­ouer un peu. Vers la fin du spec­ta­cle, il y a une scène très forte où Riz­zo, leader des Pink Ladies, en mon­trant ses faib­less­es, va révéler à Sandy la femme en elle qu’elle ne soupçonne pas. Alors Sandy se libère, c’est un peu mal­adroit, mais elle va se ren­dre compte qu’elle peut être sexy, qu’elle peut s?affirmer. C’est la libéra­tion de la femme en quelque sorte ! Cette méta­mor­phose est très agréable à jouer.

Vous sen­tez-vous proche de Sandy ?
J’ai peut-être plus l’ap­parence de la pre­mière Sandy, bien que je ne sois quand même pas aus­si coincée et naïve qu’elle ! Mais je me recon­nais aus­si en grande par­tie dans la Sandy de la fin, un per­son­nage que je n’ai jamais eu l’oc­ca­sion d’in­ter­préter jusqu’à main­tenant, c’est ça qui me plaît.

Quels sont les moments que vous préférez dans le spectacle ?
Tous ! J’aime beau­coup toutes les scènes où la troupe est réu­nie, quand on chante et danse ensem­ble comme le « We go togeth­er » à la fin du pre­mier acte. Bien sûr le moment où Sandy se trans­forme me plaît beau­coup aus­si, plus ça va et plus je trou­ve de choses dans mon jeu, Sandy va de plus en plus loin !

Avez-vous ren­con­tré des difficultés ?
Ma chan­son « J’ai besoin de nous » (ver­sion française de « Hope­less­ly devot­ed to you ») et le duo avec Riz­zo dont je par­lais précédem­ment me touchent telle­ment pour des raisons per­son­nelles que j’ai eu beau­coup de mal au début à ne pas me laiss­er sub­merg­er par l’é­mo­tion. Il a fal­lu que je tra­vaille beau­coup sur moi. Mais ma prin­ci­pale dif­fi­culté, c’est que je n’ai eu que qua­tre semaines pour pré­par­er le rôle.

Juste­ment vous avez rejoint la troupe alors que les répéti­tions avaient déjà com­mencé depuis un mois, com­ment s’est passée votre intégration ?
J’ap­préhendais un petit peu mais j’ai été accueil­lie les bras ouverts. J’ai dû m’adapter très vite, il fal­lait que je sois dans le bain tout de suite, je ne pou­vais pas me per­me­t­tre de tâton­ner. Pen­dant qua­tre semaines, je n’ai pas vu le jour ! Heureuse­ment, le fait d’avoir joué pen­dant deux ans au théâtre m’a beau­coup aidée, surtout que dans La soeur de Jer­ry King, pièce que j’ai jouée avec Arthur Jug­not, j’in­ter­pré­tais déjà une jeune améri­caine pom pom girl !

Avez-vous déjà des pro­jets pour l’après Grease ?
Nous venons juste de com­mencer, j’ai un peu de mal à me pro­jeter dans le futur. L’écri­t­ure de mon album est déjà en cours, c’est un pro­jet per­son­nel qui me tient par­ti­c­ulière­ment à coeur, j’aimerais pou­voir m’y con­sacr­er même pen­dant Grease. On m’a pro­posé des pro­jets musi­caux très intéres­sants et j’aimerais aus­si refaire du théâtre, alors on ver­ra bien.