Canada — Catnip ! le musical (Critique)

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Joe Bocan (Solange) et son fauteuil dans Catnip ! le musical © Jean-Pierre Pérusse
Joe Bocan (Solange) dans Cat­nip ! le musi­cal © Jean-Pierre Pérusse

Parole et livret : Michel Duchesne
Musique : Stéphane Boucher
Met­teur en scène / Choré­graphe / Con­cep­teur mul­ti­mé­dias :  Jean-Pierre Pérusse
Cos­tu­mi­er / Acces­soiriste et Con­fec­tion décors : Pas­cal Guilbault

Dis­tri­b­u­tion :
Joe Bocan, Éliz­a­beth Duper­ré, Nico­las Pin­son, Dominic Dage­nais, Denys Paris et Frédéric Barbusci.

Après avoir vibré au son de la ver­sion québé­coise de Star­ma­nia, l’an­cien Théâtre Félix Leclerc, aujour­d’hui devenu la boite de nuit Apol­lon, s’ap­prête à accueil­lir en ses murs une toute nou­velle pro­duc­tion: Cat­nip ! le musi­cal.

Notre avis :
Cat­nip ! Quel drôle de titre pour un musi­cal… Avec un tel nom, nous savions déjà que ce musi­cal serait excen­trique et nous n’avons pas été déçus. De plus, la pièce est présen­tée en 360 degrés dans un des bars gays les plus acha­landés de Mon­tréal et sous une immense boule « dis­co » : tout pour plonger le spec­ta­teur dans une ambiance musi­cale pseu­do­dis­coélec­tron­ique. D’ailleurs, la créa­tion musi­cale de Stéphane Bouch­er utilise des « beats » qui don­nent à cette pièce un petit quelque chose de sur­na­turel, voire sur­réal­iste. Et pour bien com­pléter cette œuvre, l’auteur Michel Duch­esne a con­coc­té de petits bijoux côté paroles, dont celles-ci « C’est Qui­et­line, A Urbanyl, pour Ritalyn, Immovane et Revotryl, tout le monde glane sur Equi­tam, tout le monde plane, c’est Novazam ! », tirés de la pièce « Quand les pilules abon­dent ». Tout au long de ce musi­cal, on retrou­ve ce genre de phras­es dis­jonc­tées et ce, pour le grand plaisir de nos oreilles. En revanche, on pour­rait reprocher à l’auteur d’avoir inséré un trop grand nom­bre de mots sur les rythmes endi­a­blés, ce qui fait qu’on y perd quelques mots-clés. Le style musi­cal de Cat­nip ! est assez var­ié : du dis­co à la bal­lade, avec un détour vers le coun­try et le rock. Cat­nip ! le musi­cal com­prend neuf chan­sons en français, qua­tre en anglais et trois bilingues.

Le décor est inex­is­tant : un sim­ple fau­teuil assor­ti de (très) peu d’accessoires et quelques dif­fu­sions sur des écrans ACL placés ici et là autour de la scène. En revanche, on lève notre cha­peau à Pas­cal Guil­beault pour ses cos­tumes des plus excentriques.

Élizabeth Duperré (Light) et Frédéric Barbusci (Réginald) dans Catnip ! le musical © Jean-Pierre Pérusse
Éliz­a­beth Duper­ré (Light) et Frédéric Bar­bus­ci (Régi­nald) dans Cat­nip ! le musi­cal © Jean-Pierre Pérusse

Le musi­cal racon­te l’his­toire de Solange (Joe Bocan), une retraitée dépen­dante à ses pilules mais égale­ment accro à Régi­nald Orig­i­nal (Frédéric Bar­bus­ci), l’animateur de la chaine télé « Canal Chat ». Elle espère tou­jours enten­dre son nom tiré du cha­peau pour avoir l’extraordinaire chance de gag­n­er un voy­age — sous les tropiques — avec « son » Régi­nald ! Dans ses délires (ou réal­ités?), elle ren­con­tre la « brigade Arc en ciel » qui fera tout ce qui est en son pou­voir pour sor­tir Solange de sa tor­peur. Dans cette brigade, on retrou­ve l’ex-accro au sexe au joli nom de Light (Éliz­a­beth Duper­ré), son ami, le très inno­cent Aquar­rien dit le Parisien (Nico­las Pin­son) et finale­ment Jeanne Mars (Denys Paris), l’être spir­ituel du groupe, sans oubli­er l’ex-ami de Light, Angry Doc­tor, (Dominic Dage­nais), qui, comme son nom l’indique, n’est pas des plus joyeux…

La troupe a été choisie avec grand soin et cha­cun apporte sa touche per­son­nelle. C’est un plaisir de retrou­ver la char­mante Joe Bocan sur scène. Son tal­ent naturel est mis en valeur dans cette pièce et elle n’a rien per­du vocale­ment et ce, mal­gré une absence pro­longée de la scène ces dernières années. On salue aus­si le retour (!?) sur scène de Denys Paris. Cet acteur, qui avait été mar­qué par le rôle de Ti-Coune dans la série «Le temps d’une paix» nous faire voir une autre facette de son tal­ent et quel tal­ent ! Il est sim­ple­ment fan­tas­tique dans ce rôle de la Draq queen spir­ituelle. On doit égale­ment soulign­er la per­for­mance de Frédéric Bar­bus­ci qui nous fait rire à chaudes larmes lors de ses inter­ven­tions. Et que dire de sa presta­tion sur « Mon petit chat », où il réus­sit le tour de force de faire danser la foule dans une danse tout à fait « Kétaine » [NDLR : ringarde], mais telle­ment appré­ciée par le public.

Cat­nip ! le musi­cal, sort des sen­tiers bat­tus et vaut le déplacement !

« Be Light » le pre­mier extrait de Cat­nip ! le musi­cal :
[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=IVdQ9oqYf4g[/youtube]