Accueil Rencontre Cathy Sabroux et Jacky Azencott — « Diva », trois semaines de moments forts

Cathy Sabroux et Jacky Azencott — « Diva », trois semaines de moments forts

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Diva, du 16 mai au 8 juin 2008 ©DR
Diva, du 16 mai au 8 juin 2008 ©DR

Quelques semaines après la clô­ture de « Diva », dans quel état d’e­sprit vous trouvez-vous ?
Cathy Sabroux et Jacky Azen­cott : Epuisés mais très heureux car cette pre­mière édi­tion — un vrai pari — a été une réus­site. Pas ques­tion de souf­fler. Le tra­vail qui reste à faire avec l’équipe pour « Diva » est tout aus­si impor­tant : films, pho­tos, presse, écrits, con­tacts, parte­nar­i­ats, site… Il faut main­tenant ordon­ner, struc­tur­er tout ça et pré­par­er la sai­son qui vient. C’est un été musi­cal et studieux puisque nous serons en Avi­gnon avec « Musiques en Fes­ti­vals » à la Mirande. Mais nous vous réser­vons une belle sur­prise au début de l’au­tomne avec une grande fête pour le bilan de « Diva »…

Pou­vez-vous d’ores et déjà dress­er un pre­mier bilan pour cette pre­mière édition ?
Très posi­tif : 28 spec­ta­cles ont été pro­posés au Théâtre de l’Epée de Bois, dans deux salles dif­férentes… dont les trois quarts ont fait salle comble… Mal­gré un mois de mai peu ensoleil­lé et la géo­gra­phie parisi­enne qui fait paraître la Car­toucherie très loin­taine à cer­tains (n’est-ce pas Yvonne ?), plus de 5 000 spec­ta­teurs en ont trou­vé le chemin : un beau chiffre qui a dépassé nos pronos­tics. C’est un signe extrême­ment fort que les artistes de « Diva » aient pu mobilis­er autant de pas­sion­nés et de curieux. Au delà du suc­cès pub­lic, beau­coup ont fait part du plaisir pris à la qual­ité par­ti­c­ulière de chaque soirée, à la prox­im­ité entre artistes et pub­lic, aux ren­con­tres déten­dues avec d’autres pro­fes­sion­nels, à par­ler ensem­ble, dans une atmo­sphère de fête… De nom­breux artistes ont décou­vert le Théâtre de l’Epée de Bois, qui y a trou­vé une par­tie de sa pro­gram­ma­tion de 2009.
Et surtout, « Diva » a été une vraie res­pi­ra­tion, a offert une disponi­bil­ité réelle aux idées et à l’en­vie de partage. Dans un con­texte où la com­péti­tion et la pres­sion sont con­stantes, c’est extrême­ment pré­cieux. La presse aus­si a com­mencé à envis­ager le théâtre musi­cal comme un genre à part entière, quelques arti­cles en ont témoigné, notam­ment dans Téléra­ma, Le Parisien ou Le Nou­v­el Obser­va­teur. Ce n’est qu’un début mais il est très prometteur…

Pour vous, quels ont été les moments forts de cet événement ?
La pré­pa­ra­tion de « Diva » a été pas­sion­nante et dif­fi­cile : nous avons eu de gros enjeux tech­niques à sur­mon­ter compte tenu de la con­fig­u­ra­tion, que seuls des gens d’ex­péri­ence, ayant l’habi­tude de s’adapter aux dif­férents espaces, pou­vaient résoudre. Sans une excel­lente équipe tech­nique, c’é­tait impos­si­ble. C’est un très beau lieu, mais l’adapter à des spec­ta­cles exigeants tech­nique­ment a été une vraie gageure.

Dif­fi­cile de sélec­tion­ner par­ti­c­ulière­ment un événe­ment : chaque spec­ta­cle a été un moment très fort, bien évidem­ment pour les nom­breuses créa­tions (près de la moitié) mais aus­si pour les autres, des moments excep­tion­nels. Entre les cartes blanch­es et cabarets qui ont apporté un superbe appel d’air et d’én­ergie avec des artistes invités for­mi­da­bles, des spec­ta­cles bien­tôt cultes qui ont été de purs moments de jubi­la­tion dans un cadre qui sem­blait fait pour eux, la reprise de « Créa­tures », mag­ique, les décou­vertes qui ont trou­vé cha­cune écho, ren­con­tre, dis­cus­sion et per­spec­tives con­crètes, « Diva », ça a été trois semaines de moments forts !

Pensez-vous d’ores et déjà à une deux­ième édi­tion ? Si oui, songez-vous à des évolutions ? 
Oui. Nous tra­vail­lons main­tenant au con­tenu et au développe­ment de « Diva » qui n’est pas seule­ment un événe­ment ponctuel mais un pro­jet au long cours con­sacré aux nou­velles écri­t­ures du théâtre musi­cal. Et comme, en plus, nous avons tou­jours pen­sé que c’est le fond qui crée la forme et non l’in­verse — c’est un thème de phi­lo, ça non ? — nous allons don­ner notre pre­mier ren­dez-vous à l’au­tomne ! Une dizaine de pro­jets sont déjà en réflex­ion : des propo­si­tions très exci­tantes qui deman­deront beau­coup de souf­fle et d’élan : nous serons ravis de les accom­pa­g­n­er. Cer­tains seront de toute évi­dence des grands spec­ta­cles musi­caux de 2010, année pour laque­lle nous prenons déjà date évidemment.

On a pu décou­vrir, au sein de « Diva », des oeu­vres en devenir. Envis­agez-vous un suivi de ces spectacles ?
Comme pour Créa­tures, Diet­rich Hôtel ou Comme de bien enten­du, dans les années Sous-Sol, nous sommes fiers d’avoir été les passeurs atten­tifs et affectueux de ces oeu­vres en devenir. Cabaret Terezin sera en 2009 au Théâtre de l’Epée de Bois, Les Voy­ages de Fabi­enne Guy­on sont en pré­pa­ra­tion d’al­bum, Chi­enne n’a pas fini de faire aboy­er tout Paris, Damia ce soir se peaufine et s’ar­rondit, Arbatz de A à Z va s’épel­er en Avi­gnon cet été… sans par­ler des cartes blanch­es qui ont semé quelques graines, deux ou trois spec­ta­cles qui ont trou­vé forme et matu­rité. Nous suiv­rons tous ces par­cours avec ami­tié et serons heureux, lorsque leur suc­cès arrivera, d’y avoir un peu participé.