Accueil Zoom Avignon 2009 : Catherine Arditi — « Le monde entier est un théâtre »

Avignon 2009 : Catherine Arditi — « Le monde entier est un théâtre »

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le-monde-entier-est-un-theatrePrésen­tez-nous le spec­ta­cle que vous allez jouer à Avignon.
Je vais d’abord vous par­ler de la genèse. Tout a com­mencé grâce à Cabaret. Je n’avais jamais chan­té avant et j’ai été la pre­mière sur­prise quand on m’a con­tac­tée pour le rôle de Fraulein Schnei­der. Ca a été une aven­ture excep­tion­nelle qui m’a don­né envie de pour­suiv­re mon tra­vail sur le chant, notam­ment avec mon pro­fesseur, Yaël Ben­za­quen, qui est extra­or­di­naire. Cabaret m’a égale­ment per­mis de ren­con­tr­er Frédéric Bap­tiste qui a été notre met­teur en scène résident.
Frédéric voulait qu’on retra­vaille ensem­ble, et c’é­tait réciproque. D’autre part, mon fils, Alexan­dre Lesser­tis­seur, est com­pos­i­teur. Frédéric con­nais­sait son tra­vail et avait aus­si envie de tra­vailler avec lui. On s’est donc réu­nis fin mars 2008 pour trou­ver une idée. Je voulais que ce pro­jet ait un rap­port  immé­di­at au théâtre car je suis une  femme de théâtre. Instinc­tive­ment, on a tous pen­sé à Shake­speare : c’est la quin­tes­sence même du théâtre, ça par­le à tout le monde et c’est indé­mod­able. J’avais envie d’écrire depuis longtemps. Je me suis plongée avec bon­heur et délice dans Shake­speare. Au bout d’un an, j’avais écrit une douzaine de chan­sons, libre­ment adap­tées des textes orig­in­aux, mais ça ne suff­i­sait pas, il fal­lait des textes de liai­son pour qu’il y ait une cohérence, que ce ne soit pas qu’un récital.
Ce spec­ta­cle, c’est donc  un par­cours dans l’u­nivers de Shake­speare : on démarre dans le comique, on glisse vers la tragédie, en pas­sant par la féérie, puis on ter­mine par une belle  chan­son d’amour, car c’est un thème très impor­tant chez lui. Mon envie est de partager l’amour que j’ai pour cet auteur avec un pub­lic le plus large possible.

Juste­ment, quel est votre rap­port à Shake­speare, notam­ment dans votre carrière ?
Je ne l’ai jamais joué donc je me l’of­fre ! (rires) Au moment de la retraite, hop, un petit Shake­speare ! Et en plus, je le chante ! C’est un grand pari ! Je suis gon­flée de faire ça, mais si on ne prend pas de risque, on ne fait pas ce métier.

Avez-vous déjà joué au fes­ti­val d’Avignon ?
Jamais non plus ! (rires) Ni « in », ni « off » !

Com­ment appréhen­dez-vous ça ?
Je sais que ça va être très fati­gant et qu’il va fal­loir que je me ménage beau­coup puisque je suis seule en scène avec un pianiste et que je ne ferai pas de jour de relâche.

Il y a beau­coup de pre­mières fois pour vous sur ce spec­ta­cle… Pre­mier Avi­gnon, pre­mier Shakespeare…
… pre­mièr tra­vail d’écri­t­ure et d’adaptation…

Pre­mière fois seule en scène ?
Aus­si ! Vous savez, moi j’ai un côté kamikaze ! Ban­za­ïïïïïï ! Paf ! Bon, j’e­spère que ça ne fera pas « paf » ! (rires) En tout cas, je ne suis pas une tim­o­rée ! C’é­tait comme ça pour Cabaret ! Je n’ai pas eu peur de tra­vailler comme une brute.

Quels sou­venirs gardez-vous de Cabaret ?
Des sou­venirs mer­veilleux qui ne s’ef­faceront jamais… C’é­tait telle­ment fort ! Cette mise en scène boulever­sante de Sam Mendes… C’é­tait excep­tion­nel et inat­ten­du pour moi de me retrou­ver sur ce spec­ta­cle, c’est un cadeau mag­nifique que la vie m’a donné.
C’est peut-être aus­si pour ça que je me suis autant impliquée dans ce nou­veau pro­jet. Je ne voulais pas rester sur une nos­tal­gie. Je voulais con­tin­uer à être un peu dans la musique… J’ai décou­vert ça tard, je n’avais pas envie que ça s’arrête.
Aujour­d’hui, pou­voir tra­vailler avec mon fils, c’est un autre cadeau que la vie m’of­fre. Ne serait-ce que pour ça, je suis for­mi­da­ble­ment heureuse.

Toutes les infos sur Le monde entier est un théâtre au Théâtre Le Petit Chien.
Ecoutes des extraits du spec­ta­cle sur le site de la com­pag­nie.