Candice Parise, just over the rainbow…

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Can­dice Parise — ©Emmanuel de Jorna

Pourquoi avoir voulu inter­préter le rôle de Dorothy ?

Pour le chal­lenge et pour le rôle. Le chal­lenge est évi­dent : Dorothy est qua­si­ment sur toutes les pages du livret ! Je pense même être présente sur scène 80% du spec­ta­cle ! Quant au rôle, il est très con­séquent, très riche en ter­mes d’interprétation. Moi qui me sen­tais déjà assez proche d’Esmeralda (qu’elle a joué dans Notre Dame de Paris NDLR), je le suis encore plus de Dorothy ! Cette jeune fille est quelqu’un de posi­tif, qui va de l’avant. Elle est presque un peu garçon man­qué dans son car­ac­tère, car elle sait pré­cisé­ment ce qu’elle veut. Ayant été élevée par des par­ents dotés d’un fort car­ac­tère, je suis comme elle, je ne me laisse pas aller et n’ai pas pour habi­tude de baiss­er les bras. Et comme le soulig­nent les équipes artis­tiques, elle est aus­si très fidèle. A Toto bien sûr, qu’elle n’abandonnerait pour rien au monde, ain­si qu’à ses amis qu’elle fera tou­jours pass­er avant elle.

Com­ment se passe la pré­pa­ra­tion du spectacle?

Nous répé­tons depuis cinq semaines. Le con­texte est très par­ti­c­uli­er car nous tra­vail­lons au quo­ti­di­en avec la tonique Made­line Paul qui fut assis­tante à la mise en scène du Magi­cien d’Oz lors de sa pro­duc­tion orig­i­nale à Lon­dres et lors de la récente tournée améri­caine. Made­line pos­sède un regard d’une pré­ci­sion éton­nante. Elle a notam­ment le don de faire com­pren­dre à cha­cun son per­son­nage pour que l’interprétation soit opti­male. Pour cela, elle a joué tous les rôles devant nous, se trans­for­mant en un instant en une petite fille, en l’homme en fer blanc… Sa façon de tra­vailler con­siste par­fois à ne pas don­ner spé­ci­fique­ment d’indications, mais à sus­citer une réac­tion pour nous aider à définir notre jeu, et à aller plus loin que les sim­ples per­son­nages –un homme en paille, une fée, un lion etc-. Made­line trou­ve une rai­son à chaque détail. En ce qui me con­cerne, elle a presque dis­séqué cha­cune de mes actions. Avec elle, j’ai tra­vail­lé jusqu’à cinq fois par jour la chan­son phare « Some­where Over The Rain­bow », non pas pour qu’elle devi­enne un automa­tisme, mais pour que ce soit le plus naturel pos­si­ble. Et là aus­si, elle m’a fait étudi­er cha­cune de mes atti­tudes, le moin­dre geste, même le plus anodin. La choré­graphe Arlene Phillips a fait de même avec les danseurs, les pous­sant dans le jeu, et à davan­tage de comédie. Enfin, musi­cale­ment, nous béné­fi­cions de la présence de David Andrews Roger. Directeur musi­cal du spec­ta­cle, il a par­ticipé aux plus grandes pro­duc­tions de Broad­way et c’est lui qui dirig­era l’orchestre à Paris.

Quelles seront les par­tic­u­lar­ités du show parisien ?

Le spec­ta­cle du Palais des Con­grès sera celui don­né lors de la tournée nord-améri­caine tout au long de l’année 2013/2014. Rien n’est mod­i­fié de cette ver­sion. Le pub­lic français retrou­vera les chan­sons du film ain­si que les cinq nou­veaux titres signés Tim Rice et Andrew Lloyd Web­ber, lors de la créa­tion du musi­cal en 2011. Les effets de bal­let, les effets spé­ci­aux seront présents égale­ment, et nous avons même enreg­istré spé­ciale­ment toutes les pro­jec­tions vidéo. Seuls quelques change­ments ont été effec­tués au niveau des aériens, mais l’essentiel sera là : le vol de la sor­cière ou l’arrivée de Glin­da qui sont des moments mer­veilleux. En out­re, nous aurons la chance de jouer accom­pa­g­nés de onze musi­ciens qui inter­préteront en direct les musiques. Cela change tout ; la ving­taine de titres en live c’est unique.

Vous marchez dans les pas de Judy Garland…

Je ne me lasse pas de dire que je suis à la fois flat­tée, touchée et fière de repren­dre ce rôle tenu par Judy Gar­land au ciné­ma et par Danielle Hope sur scène au Lon­don Pal­la­di­um. Être la pre­mière Dorothy Française, c’est par­ti­c­uli­er ! Je suis d’autant plus ravie, qu’ayant fait une sco­lar­ité améri­caine, le Magi­cien d’Oz a réelle­ment fait par­tie inté­grante de mon enfance. C’était très impor­tant pour moi. Me retrou­ver à inter­préter l’un des plus grands stan­dards de jazz au sein d’une comédie musi­cale à laque­lle je suis très attachée, c’est la réu­nion de toutes mes pas­sions ! Pour revenir à Judy Gar­land, il ne s’agit pas pour moi de repro­duire ce qu’elle a fait. La direc­tion artis­tique n’y tient pas non plus, préférant adapter chaque per­son­nage à son inter­prète. J’essaie donc d’être moi-même, en con­ser­vant l’esprit de Judy Gar­land et ce qu’elle dis­ait du per­son­nage : un être qui pos­sède autant de douceur que de force, une cer­taine fragilité et en même temps une vraie con­science : ne jamais se laiss­er abattre.

Que pou­vez-vous nous dire sur l’inévitable Toto, qui partage la vedette avec vous ?

En réal­ité, deux chiens jouent le rôle de Toto. L’un est dou­blure de l’autre, mais vous ne saurez pas lequel ! Tous deux ont joué le show depuis un an et demi, notam­ment lors de la tournée nord-améri­caine. Depuis qua­tre semaines, j’ai des ses­sions par­ti­c­ulières de tra­vail avec eux, pour qu’ils s’habituent à moi mais aus­si pour qu’ils m’obéissent sur scène : ils doivent marcher à mes côtés, s’asseoir etc.  J’ai ajouté à mon agen­da trente min­utes de dres­sage quo­ti­di­en ! Pour l’anecdote, il faut d’ailleurs savoir qu’en couliss­es, ces ani­maux suiv­ent un régime strict : ils sont par exem­ple tenus éloignés de la troupe afin d’éviter qu’ils ne fréquentent trop les mem­bres de l’équipe et qu’ils soient ingérables une fois sur scène ! J’avoue que j’appréhendais un peu de chanter avec ce chien dans les bras. Au tout début, j’avais même un peu de mal, c’est inhab­ituel ! Désor­mais c’est l’inverse. Avoir cet ani­mal avec moi dimin­ue presque une par­tie de mon stress. Je partage mon émo­tion avec lui, en quelque sorte, il aspire une par­tie de mon trac. Même si l’angoisse est de toute façon tou­jours là !

Le Magi­cien d’Oz
Avec Can­dice Parise, Natasha St-Pier, Franck Vin­cent, Sophie Del­mas, Edouard Thiébaut, Fred Colas, Gré­go­ry Garell, Angélique Mag­nan, Jeff Broussoux
Palais des Con­grès de Paris — du 20 au 28 décem­bre 2014
http://le-magicien-doz.com/