Canada — « The Mahalia Jackson Musical » (Critique)

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Ranee Lee et le choeur IGS dans la comédie musi­cale Mahalia Jack­son Musi­cal © George Allister

Écrit et mise en scène par : Roger Peace
Met­tant en vedette Ranee Lee
Accom­pa­g­née par le choeur gospel IGS Choir, sous la direc­tion de Mar­cia Bailey
Décors de Jean-Claude Olivier

La « Reine du gospel », Mahalia Jack­son, est dev­enue l’une des chanteuses les plus mar­quantes de l’histoire du gospel, recon­nue inter­na­tionale­ment comme artiste et mil­i­tante pour les droits civils. Un por­trait qui nous entraîne aus­si sur les pas de celle qui accom­pa­gna Mar­tin Luther King lors de la grande marche de Wash­ing­ton, chan­tant devant 250 000 personnes.

 Notre avis :
Pour la plu­part des gens, vivre une pre­mière mon­di­ale dans le domaine de la comédie musi­cale est un évène­ment en soi. C’est ce qu’a vécu le pub­lic mon­tréalais, au Cen­tre Segal, avec la présen­ta­tion de la comédie musi­cale The Mahalia Jack­son Musi­cal ! C’est à cet endroit que Roger Peace, le créa­teur, a choisi de nous offrir une des plus mer­veilleuses pro­duc­tions que l’on ait pu voir ces dernières années à Mon­tréal, voire au Québec.

The Mahalia Jack­son musi­cal est présen­té sur une scène sans décors, si on ne tient pas compte des chais­es et tables dis­posées ici et là et qui ne ser­vent qu’à nous situer dans les quelques lieux dif­férents de l’histoire tels que la Nou­velle-Orléans ou bien Chica­go. Dès la pre­mière scène, le pub­lic est déjà sous le charme ; le chœur gospel IGS offre une inter­pré­ta­tion de « The Chris­t­ian Tes­ti­mo­ny » tout à fait splen­dide : un choix judi­cieux pour débuter une his­toire comme celle de cette « Reine du gospel ».

La Mon­tréalaise Ranee Lee, recon­nue comme l’une des plus grandes chanteuses de jazz au Cana­da, nous offre une inter­pré­ta­tion majestueuse de Mahalia Jack­son. Cette grande dame nous émeut lors de ses inter­pré­ta­tions de clas­siques tels que «Nobody Knows The Trou­ble I’ve Seen », le for­mi­da­ble « Sum­mer­time » aus­si bien que l’entraînant « When The Saints Go Marchin’ In ». Cette dernière a fait explos­er le pub­lic à la fin du pre­mier acte. Un tour de force rarement vu. Mais ce n’est pas tout, car Ranee Lee est égale­ment une comé­di­enne hors-pair. Sa façon de vivre le per­son­nage est phénomé­nale. Elle racon­te, avec un naturel éton­nant, l’histoire de l’as­cen­sion de Mahalia Jack­son, de la pau­vreté de Black Pearl en Nou­velle-Orléans ain­si que son départ pour Chica­go au milieu de la grande migra­tion afro-améri­caine, jusqu’à sa consécration.

En plus de la présence du chœur de gospel IGS à chaque scène, pour notre plus grand plaisir d’ailleurs, nous avons droit à deux comé­di­ens : Adri­enne Irv­ing et Tris­tan D. Lal­la. À eux seuls, ils représen­tent quelques per­son­nages-clefs qui con­tribuent au développe­ment émou­vant de cette histoire.

Roger Peace a puisé dans quelques-unes des plus mer­veilleuses chan­sons gospel de l’époque. Et ses « anec­dotes » ont été choisies avec soin. The Mahalia Jack­son Musi­cal a un poten­tiel immense : il ne lui faut que l’ajout d’un décor digne de ce nom et le tour est joué. Pro­duite par Copa de Oro d’Allan San­dler (NDLR : Pro­duc­teur des pre­mières mon­di­ales fran­coph­o­nes de Rent et de Chica­go) et Roger Peace, il est fort à pari­er qu’il aura une longue car­rière resplendissante

Et le plus beau, c’est que The Mahalia Jack­son Musi­cal n’est pas réservé unique­ment aux habitués de la musique gospel et, qui sait, un jour, vous vous sur­pren­drez à fre­donner « God Put The Rain­bow In The Sky ». Alléluia !