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Calacas (Critique)

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Après avoir martelé la terre de son Théâtre équestre Zin­garo, durant plus d’un quart de siè­cle, voici que Bartabas s’attaque au ciel. Et qu’il entend y fes­toy­er de plus belle en met­tant la camarde en cav­ale et les morts vivants à cheval. Pré­parez-vous à entr­er dans une danse de l’âme joyeuse­ment macabre, déroulée sous vos yeux autant qu’au-dessus de vos têtes. Un dou­ble car­naval endi­a­blé mené au son du tam­bour des chinchineros, des fan­fares mex­i­caines et des orgues de Bar­barie. Avec encore et tou­jours le cheval, le plus sûr ani­mal psy­chopompe qui soit comme passeur, cour­si­er, mes­sager et ange gardien.

Notre avis : Avec cette reprise la troupe Zin­garo fête les morts et la Mort, mais de manière explo­sive. L’in­spi­ra­tion mex­i­caine baigne ce spec­ta­cle de part en part. Toute la troupe créa­tive tire son inspi­ra­tion du tra­vail de José Guadalupe Posa­da qui fut illus­tra­teur, célèbre pour ses séries de squelettes, reflets d’une société où bour­geois côtoient ivrognes de la rue, qui font plus rire que peur (quoique). Nous les retrou­vons partout ici, for­mant un joyeux car­naval macabre. La musique, inter­prétée par qua­tre musi­cien, fait la part belle aux per­cus­sions. Nul folk­lore mex­i­cain ici : il faut plutôt chercher du côté du Chili pour trou­ver son inspi­ra­tion. Alors ça cav­al­cade, ça se tire dessus, ça tournoie… Le spec­ta­cle pro­pose une suc­ces­sion de tableaux, sans trame nar­ra­tive con­tin­ue ce qui, avouons-le, est un peu dom­mage. Toute­fois la beauté des chevaux, l’in­ven­tiv­ité du met­teur en scène et les capac­ités physiques des écuyères/écuyers acro­bates ont vite fait d’emporter l’ad­hé­sion. Et les yeux des petits de s’é­car­quiller en voy­ant des squelettes s’élancer en un savant manège, retenus par cha­cun un fil­in, mon­tant l’un après l’autre un cheval lancé au galop dans l’arène cen­trale. En out­re le spec­ta­teur a le béné­fice de se trou­ver immergé dans le spec­ta­cle : en effet une galerie entoure les estrades, elle sera large­ment util­isée par les musi­ciens, les chevaux, les char­i­ots lancés à vive allure. Des tableaux « vivants » pour célébr­er les morts, un tour­bil­lon à découvrir.

Pour plus d’in­for­ma­tions, n’hésitez pas à vis­iter le site du spec­ta­cle.