Cabaret — Un cabaret de quat’ sous

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Cabaret au studio 54 a Broadway ©DR
Cabaret au stu­dio 54 à Broad­way ©DR

Une comédie musi­cale améri­caine de John Kan­der (musique), Fred Ebb (paroles) et Joe Mas­teroff (livret) d’après Adieu à Berlin de Christo­pher Ish­er­wood et I Am A Cam­era de John Van Druten.

Créa­tion
A Broad­way le 20 novem­bre 1966 au Broad­hurst The­ater (1 165 représentations).
A Lon­dres le 28 févri­er 1968 au Palace The­atre (336 représentations).
Actuelle­ment à Broad­way au Kit Kat Club (Stu­dio 54).

Prin­ci­pales chansons 
Wilkom­men, Don’t Tell Mama, Two Ladies, The Mon­ey Song, Cabaret (ain­si que « Mein Herr » et « Maybe This Time » écrites pour le film).

Syn­op­sis
Berlin, années 30. Cliff Brad­shaw, un jeune anglais bien pro­pre sur lui, arrive dans une ville déca­dente où le nazisme monte en puis­sance. Il ren­con­tre Sal­ly Bowles, une autre anglaise, échouée à Berlin et se pro­duisant au cabaret le Kit Kat Club où offi­cie un Maître de Céré­monies ambigu et cynique.
Tan­dis qu’une brève aven­ture s’in­stau­re entre Sal­ly et Cliff, la logeuse de ces deux derniers, Frau Schnei­der, s’amourache d’Herr Schulz.

Le thème
Le cabaret, avec son univers d’il­lu­sions trompeuses sert de métaphore à l’Alle­magne de l’époque. Dans un monde en pleine déliques­cence, plus aucun repère n’est val­able et seuls les plus cyniques en sor­tent vain­queurs. Dans ce décor pes­simiste s’esquis­sent des his­toires d’amour, toutes vouées à l’échec.

L’his­toire der­rière l’histoire
Adieu à Berlin, célèbre roman de l’écrivain améri­cain Christo­pher Ish­er­wood, dépeignait l’u­nivers étrange de la cap­i­tale alle­mande à l’époque où le nazisme est en pleine mon­tée et où les cabarets fréquen­tés par des créa­tures inter­lopes fleuris­sent partout. Ce roman fut adap­té une pre­mière fois pour la scène sous le titre I Am A Cam­era avant d’être musi­cal­isé par John Kan­der et Fred Ebb.
Après quelques semi-suc­cès (ensem­ble ou séparé­ment), le tan­dem Kan­der et Ebb tri­om­phe enfin avec une oeu­vre qui fera le tour du monde. Avec Cabaret, Kan­der et Ebb explorent l’u­nivers des bouges berli­nois où tous les excès sont per­mis. La par­ti­tion rend hom­mage à Kurt Weill. Lotte Lenya, com­pagne et égérie de Weill, joue même le rôle de Fraulein Schnei­der dans la dis­tri­b­u­tion orig­i­nale de Broadway.
En 1972, l’adap­ta­tion réal­isée par Bob Fos­se, avec Joel Grey et Liza Min­nel­li, est un suc­cès cri­tique et pub­lic. Min­nel­li est propul­sée star inter­na­tionale et retrou­ve son tan­dem fétiche, Kan­der et Ebb (en 1965, ils avaient fait leurs débuts à Broad­way avec Flo­ra, The Red Men­ace). Depuis, leurs chemins n’ont jamais cessé de se crois­er et les deux plus célèbres chan­sons de Liza (les chan­sons-titres de Cabaret et New York, New York) sont signées Kan­der et Ebb.
Le suc­cès de Cabaret ne s’est jamais démen­ti. Depuis 1998, une reprise mise en scène par Sam Mendes se joue à New York pro­posant une vision encore plus som­bre et désespérée.

Ver­sion de référence 

Pour le grand pub­lic, la ver­sion de référence est bien évidem­ment la bande orig­i­nale du film, mag­nifique­ment inter­prétée par Liza Min­nel­li (Hip‑O Records).
Il ne faut pas pour autant oubli­er la dis­tri­b­u­tion orig­i­nale de Broad­way (Sony Clas­si­cal) avec Jill Haworth et Joel Grey.
A not­er égale­ment, un enreg­istrement stu­dio très exhaus­tif avec Jonathan Pryce, Maria Fried­man, Gregg Edel­man, et Dame Judi Dench (Jay Records)
A écouter enfin, l’ex­cel­lent revival de Broad­way avec Natasha Richard­son et Alan Cummings.