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Cabaret : première rencontre avec le cast ! — C’est la rentrée !

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Catherine Arditi, Fabian Richard, Claire Pérot, le trio de tête de Cabaret © Reuters / Philippe Wojazer
Cather­ine Ardi­ti, Fabi­an Richard, Claire Pérot, le trio de tête de Cabaret © Reuters / Philippe Wojazer

Ren­trée des class­es en uniforme
C’est une ren­trée bien par­ti­c­ulière au stu­dio de répé­tions du musi­cal Cabaret. Comme dans les cours d’é­cole, ça papote, ça s’embrasse et ça s’agite. Mais ici, les (grands) écol­iers arborent un dress code peu sco­laire. Artistes et mem­bres de l’équipe tech­nique ou admin­is­tra­tive sont tous vêtus de noir, per­pé­tu­ant ain­si l’e­sprit classe et sexy du cabaret : il est alors facile de dif­férenci­er les artistes et la presse, invitée ce jour là à décou­vrir le cast com­plet du spectacle.

Stéphane Huard, directeur général de Stage Enter­tain­ment France, accueille artistes et staff dans une ambiance con­viviale : c’est l’oc­ca­sion pour toutes les per­son­nes impliquées sur le spec­ta­cle à dif­férents niveaux de se ren­con­tr­er avant de démar­rer les répéti­tions. Stéphane Huard annonce sa fierté d’amen­er à Paris « un des joy­aux de Broad­way » et révèle qu’au moment où il nous par­le « il se vend un bil­let de Cabaret toutes les six min­utes ! »

BT Mc Nicholl, le met­teur en scène (qui va recréer la mise en scène orig­i­nale de Sam Mendes), explique ensuite l’e­sprit de cette pro­duc­tion vue par le prisme Mendes. « Il faut trois ingré­di­ents majeurs pour cette pro­duc­tion : un lieu (le cabaret), les Kit Kat Klub boys and girls qui assurent aus­si un rôle de musi­ciens et enfin de très bons comé­di­ens. Dans la con­fig­u­ra­tion de cette pro­duc­tion, les comé­di­ens sont très exposés. Ce spec­ta­cle est une célébra­tion du comé­di­en et des spec­ta­teurs. Il était impor­tant de trou­ver des comé­di­ens authen­tiques, vrais : ce spec­ta­cle est tout sauf mécanique, il doit avoir du coeur. Le résul­tat est humain, col­oré, très drôle et très beau ! »

Avant de présen­ter la dis­tri­b­u­tion au com­plet, Rijk Brouw­er, pro­duc­teur exé­cu­tif, rap­pelle quelques règles aux artistes de la troupe : fonc­tion­nement des plan­nings, des listes de présence, ponc­tu­al­ité, etc, his­toire de rap­pel­er qu’un spec­ta­cle de cette enver­gure ne peut se faire sans un min­i­mum de discipline.

Ren­con­tre avec les artistes
Enfin, les jour­nal­istes décou­vrent le cast de façon offi­cielle. Claire Pérot, remar­quée dans Con­cha Boni­ta, incar­n­era Sal­ly Bowles. Fabi­an Richard, vu notam­ment dans Les Dix Com­man­de­ments, Titan­ic ou encore Belles belles belles sera le MC, le maître de cérémonies.
L’ensem­ble nous donne l’oc­ca­sion de retrou­ver quelques noms fam­i­liers aux ama­teurs de théâtre musi­cal comme Julie Vic­tor, Cather­ine Aron­del (Chance) ou encore Vir­ginie Per­ri­er (Frou Frou les Bains). Applaud­isse­ments, gâteau, séance de pho­tos et les artistes enchaî­nent avec des interviews.

Fraîche et pétil­lante, Claire Pérot a obtenu le rôle très con­voité de Sal­ly Bowles pour lequel de nom­breuses comé­di­ennes (con­nues et moins con­nues) ont pos­tulé. « Quand j’ai appris que j’é­tais choisie, ça a été une explo­sion de joie pen­dant deux ou trois jours, puis j’ai réal­isé cette chance énorme que j’avais d’avoir obtenu ce rôle grandiose. Sal­ly est une cinglée, mais une belle cinglée. Elle est en démon­stra­tion per­pétuelle, elle se prend pour une actrice, pour une chanteuse, mais tout cela cache une grande fragilité, une pro­fonde tristesse de ‘paraître’ plutôt que d’être’. De mon côté, j’es­saie de rester très terre-à-terre par rap­port à ce per­son­nage pour ne pas me laiss­er grig­not­er par sa psy­cholo­gie dans ma vie de tous les jours ! » La jeune femme a néan­moins pu ren­con­tr­er Liza Min­nel­li qui a immor­tal­isé le rôle à l’écran. « Nous avons beau­coup par­lé de Sal­ly. Liza Min­nel­li est quelqu’un de pas­sion­né : par son méti­er, par ses rôles, par sa vie. Elle m’a fait partager sa pas­sion en toute humil­ité. Elle n’est pas un grand nom pour rien ! »

Autre rôle majeur, celui du MC, incar­né dans cette pro­duc­tion par Fabi­an Richard. « J’ai rarement cru autant en mes chances d’obtenir ce rôle, con­fie-t-il. Plus j’a­vançais dans les audi­tions, plus je me dis­ais que ce rôle était pour moi ! Le MC est un per­son­nage extrav­a­gant, joyeux et en même temps, pro­fondé­ment meur­tri, à l’im­age du Berlin de l’époque. C’est un per­son­nage dans lequel je peux exprimer toutes les facettes de ma per­son­nal­ité, y com­pris cer­taines qui n’ont jamais été exploitées, comme le côté extraver­ti ou à l’in­verse, le côté som­bre. »

Si Cather­ine Ardi­ti est une fig­ure incon­tourn­able des scènes français­es, c’est néan­moins la pre­mière fois qu’elle se frot­tera à l’u­nivers du théâtre musi­cal. Elle incar­n­era Fraulein Schnei­der, la logeuse. « Quand Ash­ley Hauss­man, la direc­trice de cast­ing, a appelé mon agent pour me pro­pos­er de pass­er l’au­di­tion j’ai tout de suite dit non, se sou­vient-elle. Je ne voulais pas me cou­vrir de ridicule avec les Améri­cains sur le ter­rain de la comédie musi­cale. Je suis trop per­fec­tion­niste pour ça. Ils m’ont alors pro­posé de tra­vail­lé un mois avec le directeur musi­cal pour pass­er l’au­di­tion. J’ai donc beau­coup tra­vail­lé, c’é­tait dur ! Même si j’ai pris des cours de chant pour un pro­jet, il y a dix ans, là, j’é­tais con­fron­tée à des choses que je ne con­nais­sais pas. Ensuite, j’ai passé l’au­di­tion, et j’ai été engagée. Pour moi, la comédie musi­cale, c’est un rêve. Et là, je suis dans la réal­ité du rêve ! Je dois me pin­cer quand je me réveille le matin ! Je n’avais jamais pen­sé que je me retrou­verais là un jour. »

L’équipe artis­tique améri­caine, BT McNi­choll, met­teur en scène, Susan Tay­lor, chargée de l’adap­ta­tion de la choré­gra­phie orig­i­nale, et Fred Lassen, directeur musi­cal de la pro­duc­tion orig­i­nale, sem­blent ravis de leur dis­tri­b­u­tion. « Nous n’é­tions pas sûrs de trou­ver des artistes qui puis­sent à la fois jouer la comédie, chanter, danser et jouer d’un instru­ment, déclare Lassen. Et finale­ment, nous avons une dis­tri­b­u­tion fan­tas­tique. »
« Le proces­sus des audi­tions a été plus long que prévu car nous avions placé la barre très haut et nous ne voulions pas nous con­tenter de peu, admet McNi­choll. Nous avons été très éton­nés par la qual­ité du jeu d’ac­teur, supérieur à tous les autres pays où nous avons mon­té le spec­ta­cle. Quand Claire a audi­tion­né pour Sal­ly, j’avais l’im­pres­sion de n’avoir jamais enten­du la chan­son aupar­a­vant, et Dieu sait si je l’ai enten­due ! »
« De façon générale, il y avait beau­coup d’âme dans les inter­pré­ta­tions, ajoute Taylor. »

Immer­sion complète

Les Folies Bergère relookées en Kit Kat Klub © Stéphane Kerrad
Les Folies Bergère relookées en Kit Kat Klub © Stéphane Kerrad

Pour accueil­lir ce spec­ta­cle, il fal­lait un lieu adéquat. Les Folies Bergère seront cet écrin. Cet été, la célèbre salle parisi­enne s’est trans­for­mée en Kit Kat Klub : ambiance tamisée, petites tables et abats jours rouges à l’orchestre, tout est fait pour immerg­er com­plète­ment le spec­ta­teur dans l’am­biance d’un cabaret inter­lope. Et alors que les travaux sont en cours de fini­tion, le résul­tat est déjà stupé­fi­ant. Les Folies Bergère ont un nou­veau vis­age, tout en gar­dant ce style si par­ti­c­uli­er de grandeur et de sophis­ti­ca­tion déli­cieuse­ment surannée.

« Ce qui est exci­tant dans ce con­cept, explique Tay­lor, c’est que le pub­lic par­ticipe au spec­ta­cle. Il a l’op­por­tu­nité d’être com­plète­ment impliqué dans cette atmo­sphère déca­dente. »
« Cette dif­férence est notoire avec le film, souligne McNi­choll. Quand on regarde le film, on reste en dehors. Ici, le spec­ta­teur fait par­tie inté­grante de l’oeu­vre. Il peut d’ailleurs venir plus tôt et pren­dre un bon verre de vin avant d’ap­préci­er le spec­ta­cle ! C’est tout l’e­sprit du cabaret. »

En atten­dant d’in­té­gr­er les lieux, la troupe se pré­pare à répéter dans le stu­dio. Mais au milieu de l’ag­i­ta­tion, deux per­son­nes sem­blent plus sere­ines, et pour cause : leur tra­vail est déjà fini. Jacques Col­lard et Eric Taraud ont adap­té respec­tive­ment le texte et les lyrics. Pour eux, le plus dur est fait. « La dif­fi­culté a été de retrou­ver les couleurs, l’at­mo­sphère, les mots des années 20, racon­te Col­lard. Mais une fois cet obsta­cle con­tourné, tout est venu naturelle­ment. »
« Il faut aimer rester huit heures sur une rime, ajoute Taraud, sinon ce n’est pas la peine de faire ce méti­er ! Mais par­fois, le fait de trou­ver un mot peut faire ma journée ! Cepen­dant, le fait d’avoir vu deux fois la mise en scène de Sam Mendes à New York m’a aidé à trou­ver cer­tains mots. Main­tenant, je vais pou­voir aller voir les répéti­tions, voir les autres pren­dre le relais. J’aime bien enten­dre les mots, en dis­cuter avec les chanteurs qui peu­vent avoir une dif­fi­culté sur telle ou telle voyelle, ou avec Daniel Glet, le directeur musi­cal, afin de faire des ajuste­ments éventuels. »

C’est la fin de la mat­inée. Pour la troupe, direc­tion la « can­tine » d’en face. Les présen­ta­tions d’usage sont ter­minées. A 14 heures com­menceront les vraies répéti­tions. Comme l’a sig­nalé Stéphane Huard, il reste 52 jours avant la « pre­mière de gala » du 26 octo­bre. Bon courage !