
Un grand bonheur. J’avais travaillé avec Manon Landowski pour L’Air de Paris et ça avait été une révélation pour moi. Je ne la connaissais pas et je l’avais découverte. Elle sait vraiment jouer de la comédie musicale comme Leslie Caron, par exemple. La rencontre avec le metteur en scène Jean-Luc Tardieu a été merveilleuse car c’est un seigneur, en plus d’être quelqu’un d’adorable et plein de générosité. J’ai appris beaucoup de choses avec lui car je m’intéresse beaucoup à la mise en scène de théâtre. Lui connaissait mon travail à travers La mère qu’on voit danser qu’il avait beaucoup apprécié. Jean Luc Tardieu sait exactement ce qu’il veut. Je n’avais qu’à être à ses cotés pour apporter tout ce dont il avait envie en images. Sur chaque moment de mise en scène, il y avait un vrai rapport, une complicité, une collaboration. C’était très intéressant pour moi. J’étais très à l’aise pour dire à Jean Luc : « là on pourrait faire ça, laisse moi te proposer ça pour telle scène ». C’était à chaque fois très ouvert.
Il y avait deux musiciens sur la scène.
Effectivement, il y avait deux pianistes dirigés par le formidable Thierry Boulanger. Avec eux, je pouvais demander à rallonger une mesure pour peaufiner une image. Les musiciens faisaient partie intégrante de la mise en scène. L’équipe de I do, I do ! était merveilleuse. Et Stéphane Laporte a fait une adaptation sublissime.
Revenons sur Zapping que vous annonciez en préparation début 2001.
Le spectacle a finalement été créé en 18 jours en résidence pour aboutir à quelques dates en tournée puis quelques autres au Trianon de Paris (en février 2002). Depuis, j’ai pu mûrir ce que j’avais envie de faire pour aller beaucoup plus loin. Il y avait deux parties et un entracte. Aujourd’hui, c’est un spectacle de 1h30 sans entracte avec un travail beaucoup plus vocal, une mise en scène plus poussée. On va plus loin dans la folie et dans le délire-dérision. On fait plus dans l’esprit du « live » car il y a plus de moyens : 8 personnes sonorisées au lieu de 4. Même si il y a eu réécriture du texte, de la chorégraphie et des chansons, le concept de départ a été conservé : la danse et les personnages de cinéma, de la télévision et de la comédie musicale qui ont marqué leur temps et la danse (ndlr : la deuxième version de Zapping a été présentée au Trianon en octobre 2002).
Vous continuez à beaucoup travailler. Pouvez vous nous parler de votre participation à Grand Café Maïkoff ?
C’est un spectacle musical très tendre et plein d’émotions. Un garçon retourne en Russie pour retrouver la trace de ses grands-parents. La partition est basée sur la musique russe, les musiciens sont merveilleux et la comédienne est exceptionnelle. Là, je suis uniquement chorégraphe. Il n’y aura pas mon esprit d’humour et de décalage. J’ai simplement apporté une chorégraphie pour une scène et un regard sur les déplacements et la mise en scène.
Le plus important en ce moment, c’est votre spectacle autour de Barbara qui marque une étape pour vous.
En effet, avec Ma plus belle histoire d’amour … Barbara, c’est la première fois qu’une production vient me chercher pour être metteur en scène. Il n’y aura pas de chorégraphie, rien que de la mise en scène sur des chansons et du travail de texte. Nous avons créé le spectacle à trois : Roland Romanelli (rencontré sur L’Air de Paris), Ann’So (rencontrée sur Ali Baba) et moi-même. Roland Romanelli raconte ce qu’il a vécu pendant 20 ans avec Barbara. Il a été son musicien, son chauffeur, son accompagnateur, et son ami. Il a vécu des moments merveilleux avec elle, des choses drôles, des choses moins drôles, et les compositions avec Barbara. Il partage son vécu. De son coté, Ann’So raconte ce qu’elle a ressenti en écoutant Barbara étant petite. Deux générations se rencontrent et se racontent : Ann’So pour qui Barbara a bercé l’enfance et a été un déclencheur, et Roland Romanelli que Barbara a fait l’homme qu’il est aujourd’hui. Barbara a toujours été un exemple pour Ann’So, mais elle interprète les chansons à sa manière, avec sa personnalité. Ce n’est pas un simple hommage à Barbara, on écoute et vit ses chansons aujourd’hui. On montre aussi des choses que les gens ne connaissent pas de Barbara. En effet, on a coutume de la considérer comme noire et triste, alors qu’elle était très drôle et pleine d’énergie.
Comment est venue l’idée de ce spectacle ?
Fabrice Aboulker (un des compositeurs d’Ali Baba) a été le détonateur du spectacle. Il a réuni l’équipe et m’a confié la mise en scène après en avoir eu l’idée avec Ann’So. Je lui en suis très reconnaissant. Barbara fait partie de mon quotidien depuis l’âge de 14–15 ans. Je ne l’ai jamais rencontrée mais j’étais à chacun de ses concerts. Pour moi Barbara est un cadeau merveilleux.
Vous avez certainement des projets pour 2003…
Si je m’arrête, je vais mourir ! J’ai envie de reprendre La mère qu’on voit danser, en lui donnant une forme plus théâtrale même si au fond ca restera une comédie musicale. Parmi les autres idées en cours, il y a un one woman show : Bettyssime. C’est un travail d’écriture pour moi, destinée à une comédienne chanteuse : Betty Aymard. Elle était déjà dans La mère qu’on voit danser. On présentera le showcase en février-mars, puis j’espère qu’on fera Avignon en été.
J’ai aussi un autre projet, avec Pierre Palmade cette fois. Nous avons un mois de travail déjà sur Les petits papiers avec Régine. Palmade écrit et met en scène. Je m’occupe de la chorégraphie. Ce seront des chansons nouvelles de Régine avec des danseurs chanteurs. Le projet devrait voir le jour en décembre-janvier 2003. Nous attendons l’accord d’une maison de disques pour enregistrer un CD.