Bruno Agati — Agati continue à mener sa danse trépidante

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Bruno Agati ©DR
Bruno Agati ©DR
Début 2001, Regard en Coulisse vous avait ren­con­tré à l’oc­ca­sion des spec­ta­cles La mère qu’on voit danser, Les mille et une vies d’Ali Baba, et L’air de Paris (avec Patrick Dupont et Manon Landows­ki). Vous pré­pariez égale­ment Zap­ping. Depuis il y a eu I do, I do ! une vie en chan­té créé en novem­bre 2001 et nom­mé au Molière. Pou­vez-vous nous par­ler de cette expérience ?
Un grand bon­heur. J’avais tra­vail­lé avec Manon Landows­ki pour L’Air de Paris et ça avait été une révéla­tion pour moi. Je ne la con­nais­sais pas et je l’avais décou­verte. Elle sait vrai­ment jouer de la comédie musi­cale comme Leslie Caron, par exem­ple. La ren­con­tre avec le met­teur en scène Jean-Luc Tardieu a été mer­veilleuse car c’est un seigneur, en plus d’être quelqu’un d’adorable et plein de générosité. J’ai appris beau­coup de choses avec lui car je m’in­téresse beau­coup à la mise en scène de théâtre. Lui con­nais­sait mon tra­vail à tra­vers La mère qu’on voit danser qu’il avait beau­coup appré­cié. Jean Luc Tardieu sait exacte­ment ce qu’il veut. Je n’avais qu’à être à ses cotés pour apporter tout ce dont il avait envie en images. Sur chaque moment de mise en scène, il y avait un vrai rap­port, une com­plic­ité, une col­lab­o­ra­tion. C’é­tait très intéres­sant pour moi. J’é­tais très à l’aise pour dire à Jean Luc : « là on pour­rait faire ça, laisse moi te pro­pos­er ça pour telle scène ». C’é­tait à chaque fois très ouvert.

Il y avait deux musi­ciens sur la scène.
Effec­tive­ment, il y avait deux pianistes dirigés par le for­mi­da­ble Thier­ry Boulanger. Avec eux, je pou­vais deman­der à ral­longer une mesure pour peaufin­er une image. Les musi­ciens fai­saient par­tie inté­grante de la mise en scène. L’équipe de I do, I do ! était mer­veilleuse. Et Stéphane Laporte a fait une adap­ta­tion sublissime.

Revenons sur Zap­ping que vous annon­ciez en pré­pa­ra­tion début 2001.
Le spec­ta­cle a finale­ment été créé en 18 jours en rési­dence pour aboutir à quelques dates en tournée puis quelques autres au Tri­anon de Paris (en févri­er 2002). Depuis, j’ai pu mûrir ce que j’avais envie de faire pour aller beau­coup plus loin. Il y avait deux par­ties et un entracte. Aujour­d’hui, c’est un spec­ta­cle de 1h30 sans entracte avec un tra­vail beau­coup plus vocal, une mise en scène plus poussée. On va plus loin dans la folie et dans le délire-déri­sion. On fait plus dans l’e­sprit du « live » car il y a plus de moyens : 8 per­son­nes sonorisées au lieu de 4. Même si il y a eu réécri­t­ure du texte, de la choré­gra­phie et des chan­sons, le con­cept de départ a été con­servé : la danse et les per­son­nages de ciné­ma, de la télévi­sion et de la comédie musi­cale qui ont mar­qué leur temps et la danse (ndlr : la deux­ième ver­sion de Zap­ping a été présen­tée au Tri­anon en octo­bre 2002).

Vous con­tin­uez à beau­coup tra­vailler. Pou­vez vous nous par­ler de votre par­tic­i­pa­tion à Grand Café Maïkoff ?
C’est un spec­ta­cle musi­cal très ten­dre et plein d’é­mo­tions. Un garçon retourne en Russie pour retrou­ver la trace de ses grands-par­ents. La par­ti­tion est basée sur la musique russe, les musi­ciens sont mer­veilleux et la comé­di­enne est excep­tion­nelle. Là, je suis unique­ment choré­graphe. Il n’y aura pas mon esprit d’hu­mour et de décalage. J’ai sim­ple­ment apporté une choré­gra­phie pour une scène et un regard sur les déplace­ments et la mise en scène.

Le plus impor­tant en ce moment, c’est votre spec­ta­cle autour de Bar­bara qui mar­que une étape pour vous.
En effet, avec Ma plus belle his­toire d’amour … Bar­bara, c’est la pre­mière fois qu’une pro­duc­tion vient me chercher pour être met­teur en scène. Il n’y aura pas de choré­gra­phie, rien que de la mise en scène sur des chan­sons et du tra­vail de texte. Nous avons créé le spec­ta­cle à trois : Roland Romanel­li (ren­con­tré sur L’Air de Paris), Ann’­So (ren­con­trée sur Ali Baba) et moi-même. Roland Romanel­li racon­te ce qu’il a vécu pen­dant 20 ans avec Bar­bara. Il a été son musi­cien, son chauf­feur, son accom­pa­g­na­teur, et son ami. Il a vécu des moments mer­veilleux avec elle, des choses drôles, des choses moins drôles, et les com­po­si­tions avec Bar­bara. Il partage son vécu. De son coté, Ann’­So racon­te ce qu’elle a ressen­ti en écoutant Bar­bara étant petite. Deux généra­tions se ren­con­trent et se racon­tent : Ann’­So pour qui Bar­bara a bercé l’en­fance et a été un déclencheur, et Roland Romanel­li que Bar­bara a fait l’homme qu’il est aujour­d’hui. Bar­bara a tou­jours été un exem­ple pour Ann’­So, mais elle inter­prète les chan­sons à sa manière, avec sa per­son­nal­ité. Ce n’est pas un sim­ple hom­mage à Bar­bara, on écoute et vit ses chan­sons aujour­d’hui. On mon­tre aus­si des choses que les gens ne con­nais­sent pas de Bar­bara. En effet, on a cou­tume de la con­sid­ér­er comme noire et triste, alors qu’elle était très drôle et pleine d’énergie.

Com­ment est venue l’idée de ce spectacle ?
Fab­rice Aboulk­er (un des com­pos­i­teurs d’Ali Baba) a été le déto­na­teur du spec­ta­cle. Il a réu­ni l’équipe et m’a con­fié la mise en scène après en avoir eu l’idée avec Ann’­So. Je lui en suis très recon­nais­sant. Bar­bara fait par­tie de mon quo­ti­di­en depuis l’âge de 14–15 ans. Je ne l’ai jamais ren­con­trée mais j’é­tais à cha­cun de ses con­certs. Pour moi Bar­bara est un cadeau merveilleux.

Vous avez cer­taine­ment des pro­jets pour 2003…
Si je m’ar­rête, je vais mourir ! J’ai envie de repren­dre La mère qu’on voit danser, en lui don­nant une forme plus théâ­trale même si au fond ca restera une comédie musi­cale. Par­mi les autres idées en cours, il y a un one woman show : Bet­tys­sime. C’est un tra­vail d’écri­t­ure pour moi, des­tinée à une comé­di­enne chanteuse : Bet­ty Aymard. Elle était déjà dans La mère qu’on voit danser. On présen­tera le show­case en févri­er-mars, puis j’e­spère qu’on fera Avi­gnon en été.
J’ai aus­si un autre pro­jet, avec Pierre Pal­made cette fois. Nous avons un mois de tra­vail déjà sur Les petits papiers avec Régine. Pal­made écrit et met en scène. Je m’oc­cupe de la choré­gra­phie. Ce seront des chan­sons nou­velles de Régine avec des danseurs chanteurs. Le pro­jet devrait voir le jour en décem­bre-jan­vi­er 2003. Nous atten­dons l’ac­cord d’une mai­son de dis­ques pour enreg­istr­er un CD.