Broadway au Carré importe à Paris le concept MuseMatch

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Bill Coyne & Lisandro Nesis (c) DR
Bill Coyne & Lisan­dro Nesis © DR

Depuis quelques années, Broad­way au Car­ré est devenu un ren­dez-vous réguli­er de la scène parisi­enne où l’on peut enten­dre du nou­veau théâtre musi­cal améri­cain (des jeunes auteurs com­pos­i­teurs dont on décou­vre le tra­vail pour la pre­mière fois en France, et plus générale­ment en Europe).

A par­tir de ce mois-ci, Lisan­dro Nesis, créa­teur des soirées Broad­way au Car­ré, importe en plus le con­cept Muse­Match, créé par Bill Coyne aux Etats-Unis, où l’on asso­cie un inter­prète et un auteur-com­pos­i­teur qui ne se con­nais­sent pas. L’au­teur-com­pos­i­teur écrit ensuite un titre inédit pour cet(te) interprète.
Pour la pre­mière édi­tion, Manon Taris (La Belle et la Bête) créera une chan­son de la com­positrice améri­caine Dana Levinson.
Bill Coyne, com­ment avez-vous eu l’idée de Muse­Match et com­ment ça se passe jusque là ?
Bill Coyne : C’est venu d’un désir de con­tribuer. La nature d’un acteur peut par­fois être très auto­cen­trée et j’ai l’im­pres­sion que sou­vent notre impul­sion ini­tiale de vouloir devenir un artiste se perd dans la pour­suite de suc­cès per­son­nels. Le théâtre est par déf­i­ni­tion un tra­vail d’équipe, rien ne se passe sans la com­mu­nion d’un ensem­ble de gens tal­entueux avec des com­pé­tences dif­férentes. Je voulais don­ner aux auteurs tal­entueux que je con­nais l’op­por­tu­nité d’écrire quelque chose de nou­veau sans avoir la pres­sion de devoir trou­ver « le musi­cal com­mer­cial et sexy ». Qui a vrai­ment envie de voir Har­ry Pot­ter le musi­cal ? Bon, cer­tains peut-être… mais il y a aus­si beau­coup d ‘his­toires intéres­santes que nous pou­vons partager. Je voulais organ­is­er un con­cert où les com­pos­i­teurs et auteurs puis­sent puis­er dans les expéri­ences per­son­nelles de l’in­ter­prète. C’est ce qui rend le con­cert incroy­able­ment humain et ça a été cathar­tique pour les deux parties.
Bill, quels sont vos meilleurs sou­venirs de MuseMatch?
Bill : Il y en a trop pour tous les citer, c’est à la fois comique et cathar­tique. Par exem­ple, mes par­ents qui ont plus de soix­ante ans sont venus au dernier con­cert Muse­Match durant lequel l’in­ter­prète Court­ney Lynne Daniels (asso­ciée à la com­positrice Kris­ten Lee Rosen­feld) a chan­té une chan­son sur les ver­rues génitales…
Ou encore, lors de notre pre­mier Muse­Match, Erik Liber­man a chan­té « Wait­ing for His Clown » de Sam Salmond, sur sa boulever­sante expéri­ence d’ap­pren­tis­sage avec le légendaire clown Philippe Gauli­er. J’ai étudié avec Philippe et je peux vous dire que son surnom est « le bourreau ».
Lisan­dro Nesis, com­ment avez-vous eu l’idée d’im­porter le con­cept à Paris ?
Lisan­dro Nesis : L’an­née dernière, nous avons invité de nom­breux com­pos­i­teurs améri­cains à Broad­way au Car­ré à Paris. L’un d’en­tre eux, Drew Fornaro­la, a présen­té dans son con­cert une chan­son qu’il avait écrite pour une des soirées Muse­Match organ­isées par Bill Coyne et on en a par­lé. Ensuite, j’ai décou­vert que plusieurs autres com­pos­i­teurs qu’on con­nais­sait et qui ont fait des con­certs avec Broad­way au Car­ré à Paris et à 54 Below à New York avaient égale­ment par­ticipé à Muse­Match et je me suis dit : c’est un signe ! Il faut con­tac­ter le directeur de Muse­Match et voir si on peut porter ce con­cept à l’échelle internationale !
Lisan­dro, envis­agez-vous d’autres com­bi­naisons (auteur-com­pos­i­teur français / inter­prète améri­cain, auteur-com­pos­i­teur français / inter­prète français) ?
Lisan­dro : Pour l’in­stant, on met déjà en place les col­lab­o­ra­tions men­su­elles auteur-com­pos­i­teur new yorkais/chanteur parisien, ce qui est déjà un pro­jet bien ambitieux en soi, mais j’aimerais à terme invers­er les rôles de temps en temps pour met­tre en lien des chanteurs de Broad­way avec des com­pos­i­teurs de théâtre musi­cal français.
Bill, est-ce que Muse­Match a ini­tié de nou­velles collaborations ?
Bill : C’est ce qui est super avec cette for­mule : plusieurs col­lab­o­ra­tions se sont pour­suiv­ies et d’autres par­tic­i­pants se sont asso­ciés pour con­tin­uer de créer ensem­ble et con­stru­ire une rela­tion. Muse­Match a servi de catal­y­seur et a ini­tié ce sen­ti­ment que les artistes sont des êtres spir­ituels dont l’ob­jec­tif est d’in­spir­er, de con­tribuer, de créer et donner.

Bill et Lisan­dro : Envis­agez-vous d’autres col­lab­o­ra­tions entre Paris et New York ?
Lisan­dro : Du côté de Broad­way au Car­ré, le pro­jet est de faire en 2016–2017 un nou­veau con­cert à 54 Below à New York où nos artistes parisiens seront asso­ciés à des com­pos­i­teurs et chanteurs guests de Broad­way, comme on a eu la chance de le faire en novem­bre dernier. Par ailleurs, nous tra­vail­lons sur le développe­ment à Paris de nou­velles comédies musi­cales améri­caines en cours d’écri­t­ure, comme ce sera le cas avec le Dou­ble-Threat Trio de Adam Overett, dont nous fer­ons le work­shop de créa­tion et pre­mier show­case début juillet !
Et, bien sûr, nous aime­ri­ons beau­coup que cer­tains artistes de Broad­way au Car­ré puis­sent par­ticiper de temps en temps à des con­certs Muse­Match organ­isés par Bill à New York !
Bill : Muse­Match cherche tou­jours à se dévelop­per, à touch­er, émou­voir, inspir­er, que ce soit aux Etats-Unis ou à l’étranger !

Jeu­di 12 mars 2016 à 19 h 30 — Comédie Nation, 77 rue de Mon­treuil, 75011 Paris (M° Nation). Tél : 01 48 05 52 44.
Le pre­mier Muse­Match à Paris aura lieu à la Comédie Nation.
Manon Taris, durant son con­cert « Celle que je suis » inter­prètera pour la pre­mière fois une chan­son écrite pour elle par l’Améri­caine Dana Levinson.
Con­cert suivi d’un open-mic.