Brin de « Cosette » avec Vanessa Cailhol

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Vanessa Cailhol (c)Olivier Allard
Vanes­sa Cail­hol © Olivi­er Allard

Quelle est votre formation ?
Au départ, je suis danseuse. J’ai démar­ré très jeune, à qua­tre ans, et j’ai tout de suite été attirée par la scène. A treize ans, j’ai fait un danse-étude en par­al­lèle du lycée. Après mon bac, j’ai été accueil­lie à plein temps par une troupe de bal­let junior à Toulouse, puis au Gene­va Dance Cen­ter, où j’ai par­fait ma for­ma­tion, prin­ci­pale­ment de danse clas­sique, pen­dant trois ans. C’est à l’occasion de l’accumulation de petits con­trats que je suis mon­tée à Paris et me suis aus­si ouverte à des œuvres plus con­tem­po­raines. Là, j’ai eu la chance de ren­con­tr­er Car­ole Clin, met­teur en scène, choré­graphe et chanteuse, que je con­sid­ère main­tenant comme une « deux­ième maman » ! Lui ayant con­fié mon atti­rance pour le chant, elle m’a fait con­naître Pierre-Yves Duch­esne et l’AICOM [NDLR : Académie Inter­na­tionale de Comédie Musi­cale] où j’ai prin­ci­pale­ment appris le chant. Pour appro­fondir mes capac­ités d’interprétation, j’ai passé un an au cours Florent.

Depuis, quel a été votre parcours ?
Peu de temps après mon entrée à l’AICOM, grâce à mon expéri­ence de la scène, on m’a pro­posé le rôle de Mowgli dans Le livre de la jun­gle, pro­duit par Serge Tapier­man. J’ai com­mencé en play­back comme tout le reste de la troupe, ce qui a été pas mal décrié par la cri­tique mais pour moi, quelque part, ça a été une chance, une façon douce de débuter dans la comédie musi­cale. Finale­ment, on a été microté pour chanter en live. Je suis restée pra­tique­ment deux ans dans ce spec­ta­cle qui furent deux ans de bon­heur intense. Ensuite, j’ai rejoint la troupe du Prince et le pau­vre, une très belle ren­con­tre avec Ludovic-Alexan­dre Vidal et Julien Salvia, ses con­cep­teurs. Avec eux, j’ai l’impression de faire par­tie d’une famille. Je fais encore quelques dates de temps en temps pour ce spec­ta­cle « coup de cœur ». J’espère pou­voir retra­vailler pour eux, par exem­ple s’ils trou­vent un pro­duc­teur pour leur nou­velle créa­tion, L’homme qui rit. Enfin, j’ai eu la chance d’obtenir le rôle de Jan dans Grease au deux­ième cast­ing quand Serge Tapier­man a repris la production.

Qu’est-ce que Grease vous a apporté ?
Out­re l’aventure extra­or­di­naire que cela représente, j’ai prin­ci­pale­ment appris à me con­naître et à me ménag­er en tant que chanteuse. Don­ner le meilleur de soi chaque soir pen­dant des mois néces­site une cer­taine hygiène de vie, beau­coup de som­meil et une atten­tion par­ti­c­ulière à sa voix. Il m’est arrivé de ne pas par­ler, ou bien très peu et très bas, dès que je la sen­tais frag­ile. J’ai aus­si beau­coup appré­cié la vie en com­mu­nauté avec toute la troupe, pleine de vie et d’humour. On m’a même fait une blague de dernière la veille de la dernière : ils avaient glis­sé des araignées et des cafards en plas­tique dans les frites que je suis cen­sée manger sur scène. Autant dire, j’ai fail­li m’étouffer… de rire !

Com­ment gérez-vous votre accent toulou­sain sur scène ?
Je me suis longtemps demandé si mon accent n’allait pas devenir un hand­i­cap pour ma car­rière. Donc j’ai fait beau­coup d’effort pour le faire dis­paraître. Un peu comme une deux­ième langue, ça se tra­vaille, et je dois dire que je suis plutôt con­tente du résultat.

Quelle est votre actualité ?
On peut actuelle­ment me voir dans le rôle de Daph­né dans Coups de foudre au Théâtre Musi­cal Mar­soulan. Et je viens d’avoir une bonne nou­velle : j’ai été prise en tant que swing dans la pro­duc­tion prochaine des Mis­érables en français à Lau­sanne. C’est le spec­ta­cle qui m’a fait décou­vrir la comédie musi­cale, donc je suis extrême­ment heureuse. La prochaine étape, ce serait de pou­voir jouer un jour le rôle d’Eponine, point d’orgue d’une car­rière dans le musical !