Baroufe à Chioggia

0
234

Une comédie de Car­lo Goldoni, mise en scène par Mar­jorie Nakache, adap­ta­tion et mise en musique par Xavier March­eschi, chant Kris­tel Adams Avec Steeve Ammanou, Daniel Besse, Séver­ine Debels, Léa Druck­er, Odile Fre­de­val, Mali­ka Gormezano, Philippe Le Merci­er, Riton Leb­man, Xavier March­eschi, Son­ja Mazouz, Nils Ohlund.

Chiog­gia, Stains : même combat !
Pren­dre une pièce clas­sique et la remod­el­er avec le lan­gage con­tem­po­rain est une idée vrai­ment intéres­sante qui tend à nous prou­ver l’in­tem­po­ral­ité de cer­taines oeu­vres. Ain­si, cet ultime opus de Goldoni. L’au­teur fait vivre une dizaine de per­son­nages au sein d’un même quarti­er, Chiog­gia dans la ban­lieue de Venise. Querelles, quipro­qu­os puis réc­on­cil­i­a­tions ser­vent de trame au spec­ta­cle. On suit avec plaisir cette farce courte (une heure quinze) servie par des comédiesn à l’én­ergie communicative.
Le tra­vail de réécri­t­ure a été mené en col­lab­o­ra­tion avec des jeunes de Stains, l’un d’eux tient d’ailleurs un rôle clef (Steeve Ammanou alias Tof­fo­lo le glan­deur). Deux axes ont été choi­sis : faire cohab­iter le par­ler « ban­lieue » et la log­or­rhée pseu­do-intel­lectuelle très ten­dance, avec tous kes clichés afférents aux deux styles. Le mélange déton­nant fonc­tionne bien même s’il appa­raît un rien facile.
Les pas­sages musi­caux sont peu nom­breux et très courts. Deux petites chan­sons ont été écrites (sur une musique orig­i­nale de Frédéric March­eschi), des musiques divers­es accom­pa­g­nent l’ac­tion (on recon­naît René Aubry ou le « Casano­va » de Nino Rota). Baroufe à Chiog­gia n’est toute­fois pas un spec­ta­cle musi­cal en soi.
La mise en scène est inspirée, les décors ingénieux et franche­ment beaux. Il faut d’ailleurs not­er l’o­rig­i­nal­ité de la salle où les ban­quettes côtoient des tables ce qui donne une ambiance cabaret cosy plus que sym­pa­thique. On se prend à rêver d’un vrai spec­ta­cle musi­cal en ce lieu hos­pi­tal­ier ! Men­tion spé­ciale pour l’ac­cueil de chaque spec­ta­teur, très chaleureux.
Enfin, pour tous ceux que le mot « ban­lieue » fait frémir d’hor­reur, je pré­cise que la navette (gra­tu­ite) de la Porte de la Chapelle au théâtre est à leur dis­po­si­tion. Là encore, l’ac­cueil est des plus chaleureux. Un seul mot d’or­dre : tous à Stains !