Barber shop quartet : Opus 3 (Critique)

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barber-shop-quartetAuteur : Marie-Cécile Héraud

Avec : Marie-Cécile Héraud, Cécile Bayle, Bruno Bui­jen­hui­js et Xavier Vilsek

Après plus de 1000 représen­ta­tions en France et à l’étranger, le groupe vocal bor­de­lais se pro­duit pour la pre­mière fois à Paris avec son nou­veau spec­ta­cle « Opus 3 ». Aux prouess­es vocales s’ajoutent chan­sons humoris­tiques, pas­tich­es, mime, comédie et même bruitages

Notre avis : Le spec­ta­cle s’ouvre par une bien belle idée : pré­cis­er ce qu’étaient les « bar­ber shop quar­tet » : des for­ma­tions musi­cales a capel­la nées en Amérique et qui per­me­t­taient aux clients des coif­feurs et bar­bi­ers de patien­ter en musique. Un mou­ve­ment large­ment représen­té par les Afro Améri­cains qui util­i­sait le réper­toire con­tem­po­rain, voire cer­tains airs créés pour l’occasion et qui par­laient sou­vent d’amour. Un cer­tain Irv­ing Berlin fut d’ailleurs sou­vent repris dans ces quatuors que l’on imag­ine aus­si doués vocale­ment que celui qui nous est don­né à enten­dre sur la petite scène du théâtre de l’Archipel.

A par­tir de ce pos­tu­lat nous pour­rions penser qu’un humour ten­dre et décalé va s’in­staller. Mais hélas, pata­tras, tout s’effondre… En effet, les inter­prètes déci­dent que les airs des Bar­ber shop sont idiots et vont donc s’en don­ner à cœur joie pen­dant une heure qui, par­fois, paraît inter­minable. Surenchère entre le potache et le racoleur : c’est bien ennuyeux, voire cru­el pour ces musi­ciens tal­entueux. Un exem­ple ? Lorsqu’ils évo­quent la comédie musi­cale, genre qui procu­ra nom­bre de titres aux Bar­ber shop quar­tet, ils délivrent un air ridicule basé sur le « casse toi pau­vre con » de Sarkozy. Le reste est mal­heureuse­ment à l’envi, entre l’évocation car­i­cat­u­rale (et peu flat­teuse) des musi­ciens du métro, de la télévi­sion qui envahit bien trop nos vies (en mélangeant tout, d’ailleurs : nous pas­sons de l’évo­ca­tion du téléachat à celui du ciné­ma de minu­it, ridi­culisé… Quel gal­i­ma­tias !). Le tout sans réel point de vue ni recul. Autant dire que le sen­ti­ment qui domine est la frus­tra­tion… Ce quatuor mérite mieux que des blagues faciles servie par une mise en scène peu inspirée. Ren­dre un hom­mage ten­dre et amusé à ce mou­ve­ment musi­cal aurait été d’une autre trempe. Espérons que l’O­pus 4 sera plus inspiré.