Avignon 2014 : Le Cabaret Blanche (Critique)

0
241

cabaret-blancheUne pièce écrite et mise en scène par Cristos Mitropou­los et Ali Bougheraba
Avec :
Math­ieu Bec­querelle : Sandrex
Camille Favre-Bulle : Violette
Ben­jamin Fal­l­et­to : Blanche
Patrick Gavard-Bon­det : Mapiwa
Stéphane Bou­ba Lopez : Marcel
Cristos Mitropou­los : Le père
Serge Ayala : Pippo
Djamel Taouacht : Djalil

Choré­gra­phies : Camille Favre-Bulle
Arrange­ments : Bou­ba et Patrick Gavard-Bondet
Lumières : David Darricarrère
Son : Math­ieu Cacheur
Chef de choeur : Math­ieu Becquerelle

Syn­op­sis
1914, pre­mière guerre mon­di­ale, tous les hommes valides et jugés aptes aban­don­nent leurs vies et leurs familles afin de rem­plir les rangs des mobil­isés pour la patrie. Un jeune homme, un cer­tain Pip­po Pépino, fils d’immigré Ital­ien, rêve d’intégrer un rég­i­ment en tant que tam­bour major et de se ren­dre ain­si utile à la société. Jugé trop faible physique­ment pour servir la patrie, il entre­prend alors le voy­age de sa vie en quit­tant pour la pre­mière fois de son exis­tence son petit vil­lage natal dans l’espoir de retrou­ver son cousin enrôlé sur le front.
Pour lui com­mence alors un voy­age extra­or­di­naire, jonché de péripéties et de ren­con­tres. Ce voy­age l’amènera à tra­vers­er toute la France pour se retrou­ver à Paris, ville des lumières, ville de tous ses rêves, dont lui par­lait si sou­vent son père. A Paris il va ren­con­tr­er Vio­lette, jeune femme habilleuse qui va boule­vers­er sa vie en le faisant pénétr­er dans les couliss­es du Cabaret Blanche, énig­ma­tique et fameux cabaret parisien dont il a tant enten­du parler.

Notre avis
Bien­v­enue au Cabaret Blanche, admin­istré d’une main de fer dans un gant de velours par… Blanche, la  meneuse de revue qui n’en laisse pas un d’indifférent. C’est dans ce décor que vont évoluer nos pro­tag­o­nistes à l’aube de la Pre­mière Guerre mon­di­ale. Mais que nen­ni,  ce n’est pas la noirceur des com­bats mais bien le bur­lesque d’un cabaret qui prône avant tout. Toute une rib­am­belle de per­son­nages se met à l’œuvre pour nous faire pass­er un bien sym­pa­thique moment. Il y a tout d’abord Pip­po et son accent chan­tant avec lequel l’histoire com­mence quand il décide de par­tir à la recherche de son cousin sol­dat et qui, de fil en aigu­ille, va trou­ver refuge au Cabaret. Puis Vio­lette et ses rêves de jeune fille en fleur sur laque­lle Blanche cou­ve comme une lou­ve, mais aus­si San­dres, le joyeux com­pagnon et son réper­toire typ­ique du début du siè­cle, toutes plus jouis­sives les unes que les autres (men­tion spé­ciale au « trou du quai »). Sans oubli­er les trois croon­ers et leurs ponc­tu­a­tions musi­cales et enfin, trois musi­ciens à l’allure étonnante.
Ce Cabaret Blanche et ses couliss­es se dévoilent à nous, comme une tranche de vie, dans une atmo­sphère tour à tour ten­dre, dure et bur­lesque. C’est la ren­con­tre de deux cœurs ten­dres que rien ne prédes­ti­nait à se crois­er. C’est une pro­duc­tion qua­si par­faite qui nous plonge dans l’ambiance du début du siè­cle : très bons comé­di­ens et musi­ciens, mise en scène réussie, décors et cos­tumes très bien réal­isés. A un détail près : une fin peut-être un peu abrupte…