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Antonio Interlandi ressuscite Luigi Tenco

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Antonio Interlandi ressuscite Luigi Tenco

Anto­nio Inter­lan­di © DR

Anto­nio Inter­lan­di, vous aviez présen­té votre spec­ta­cle (alors inti­t­ulé Tem­po Ten­co) en 2009 aux Décou­vertes Diva. Que s’est-il passé depuis ?
Suite à cette belle oppor­tu­nité qui nous a été offerte par Cathy Sabroux de le créer dans le cadre de DIVA 2009, nous nous sommes ren­du compte, avec Math­ieu El Fas­si, que nous pou­vions nous approcher encore davan­tage de la forme d’une pièce théâ­trale. Telle était mon envie dès le départ, plutôt que de com­pos­er juste un tour de chant.
Guidé par l’oeil atten­tif de l’écrivain René de Cec­ca­t­ty, je me suis lancé dans l’écri­t­ure de ces nou­veaux textes, qui entourent cer­taines des chan­sons. J’ai voulu installer un peu plus « l’am­biance » de l’époque : Ten­co est un dans un « pré-mai 68 », les jeunes man­i­fes­tent dans la rue, le divorce est pris en otage par l’Eglise catholique, le marché musi­cal améri­cain étouffe la chan­son ital­i­enne… Nous décrivons égale­ment un peu plus sa per­son­nal­ité, ses rela­tions famil­iales, son engage­ment poli­tique. Enfin, on le fait revivre, ou plutôt il « se sou­vient » de l’épisode de San­re­mo, pen­dant ce fes­ti­val où Dal­i­da était sa mar­raine et chan­tait « Ciao Amore Ciao » pour le soutenir, comme c’é­tait la tra­di­tion. Ces instants juste avant son sui­cide. Ou peut-être juste pen­dant le moment où cela va se passer…

Le spec­ta­cle a‑t-il évolué depuis sa pre­mière présentation ?
Nous avons avant tout une chance en or, grâce à Danielle Gain, mon agent, qui a eu un coup de foudre pour le spec­ta­cle et qui nous pro­duit au Petit Saint Mar­tin, dans le but de trou­ver une copro­duc­tion et de nous pro­gram­mer pour une péri­ode plus longue dans un autre théâtre, ain­si que d’or­gan­is­er une tournée. Mais nous le val­ons bien, comme dit la pub…

Com­ment présen­teriez-vous Lui­gi Ten­co à quelqu’un qui ne con­naît pas cet artiste ?
Un jeune homme réservé, timide, engagé, beau, intè­gre, idéal­iste, tal­entueux, celui qui a lancé la notion de « chanteur à texte » en Ital­ie. A 28 ans, il avait déjà énor­mé­ment écrit : poèmes, man­i­festes, dont à peine la moitié a été mise en musique. Très amoureux des femmes aus­si ! Mais pas de longues his­toires d’amour. C’é­tait quelqu’un de très en avance sur son temps, intel­lectuelle­ment et artistiquement.

On vous a vu dans Mike la sai­son dernière, quel sou­venir gardez-vous de cette expérience ?
Tout d’abord, la troupe ! C’é­tait une équipe vrai­ment attachante, pas­sion­née par l’aven­ture et par la démarche d’af­fron­ter un tel thème, frag­ile vis-à-vis d’un cer­tain pub­lic… Je suis fier de ce spec­ta­cle. Les gens venaient un peu à con­tre­coeur, et finale­ment ils par­taient en nous deman­dant s’ils pou­vaient revenir encore !

Que peut-on vous souhaiter pour 2012 ?
De la pas­ta, du tiramisu et du chi­anti. Ce serait pas mal, non ?