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Annie — La petite orpheline

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Annie — La petite orpheline
Annie le film ©DR
Annie, le film ©DR

Musique : Charles Strouse
Lyrics : Mar­tin Charnin
Livret : Thomas Mee­han, basé sur la bande dess­inée  » Lit­tle Orphan Annie  » de Harold Gray.

Créa­tion à Broad­way le 10 août 1976 au Good­speed Opera House, puis à l’Alvin The­ater, à l’af­fiche pour 2377 représentations.
Créa­tion à Lon­dres le 2 mai 1978 au Vic­to­ria Palace, à l’af­fiche pour 1485 représentations.

Pro­duit par Mike Nichols
Mise en scène : Mar­tin Charnin
Choré­gra­phie : Peter Gennaro
Avec : Andrea McAr­dle, Reid Shel­ton, Sandy Fai­son, Robert Fitch, Dorothy Loudon

Chan­sons principales
C’est loin d’être une grande par­ti­tion, et si les cri­tiques musi­cales d’alors furent vague­ment élo­gieuses, c’é­tait plutôt par rap­port au léger par­fum rétro qui s’en dégageait. Les lyrics, certes sou­vent naïfs voire puérils, n’en demeurent pas moins emprunts d’un esprit caus­tique certain.
Maybe — It’s a hard-knock life — Tomor­row — We’d like to thank you — Lit­tle girls — I think I’m gonna like it here — N.Y.C. — Easy street — You won’t be an orphan for long — You’re nev­er ful­ly dress­es with­out a smile — Some­thing was miss­ing — I don’t need any­thing but you — Annie — A new deal for christmas

Syn­op­sis
En 1933, apogée dra­ma­tique de la Dépres­sion, les petites filles d’un orphe­li­nat de New York sont copieuse­ment mal­traitées par la direc­trice du lieu, une poivrote déli­rante issue d’une famille peu recom­mand­able. Annie est la plus astu­cieuse des gamines et se débrouille très bien pour être choisie par la secré­taire d’un richissime répub­li­cain qui veut accom­plir sa BA annuelle en abreuvant de ses richess­es et de son pou­voir un pau­vre enfant dému­ni — pen­dant une semaine entière ! Il ne faut pas plus de temps à l’adorable Annie (et à ses copines restées en prison) pour : se faire ador­er par toute la maison­née, ren­con­tr­er le Prési­dent des USA (et madame), con­va­in­cre son pro­tecteur de la per­ti­nence du New Deal dudit Prési­dent, le ren­dre vague­ment démoc­rate par la même occa­sion, démas­quer le pro­pre frère de la direc­trice (du péni­tenci­er pour gamines) accom­pa­g­né d’une sotte hys­térique qui se fai­saient pass­er pour les par­ents repen­tis d’An­nie afin d’empocher la somme ron­delette que le pro­tecteur leur pro­pose (pour qu’ils repren­nent leur fille ou pour que lui-même la garde, ce n’est pas très clair), et enfin pour se faire adopter (à pri­ori avec toutes ses soeurs de mis­ère) par le cof­fre-fort humain qui en prof­ite pour s’amouracher de sa secré­taire qui se retrou­ve le temps d’une chan­son maman de 14 fillettes…

Le thème
Tout comme la chan­son des 3 petits cochons de Walt Dis­ney, la bande dess­inée Lit­tle Orphan Annie parue dans le Chica­go Tri­bune sous forme d’épisodes au cours des années 1930, sym­bol­ise par­faite­ment l’ex­pres­sion naïve d’un opti­misme social ini­tié par l’étab­lisse­ment du New Deal pen­dant la dra­ma­tique péri­ode de dépres­sion économique entamée avec le crach bour­si­er de 1929. La volon­té, l’in­no­cence et l’opiniâtreté de la petite Annie et de ses pau­vres copines d’or­phe­li­nat étaient une belle leçon de courage à dif­fuser auprès du peu­ple pour requin­quer celui-ci face aux défaitistes ou prof­i­teurs de tout poil. Si le spec­ta­cle Annie n’a com­mencé sur scène qu’en 1976, il a en fait été écrit entre 1970 et 1972, en pleine guerre du Viet­nam, par un tan­dem qui a oppor­tuné­ment choisi d’adapter cette bande dess­inée à un moment cri­tique de l’his­toire améri­caine. Le temps mis à trou­ver des pro­duc­teurs et à mon­ter le spec­ta­cle — ren­du plus com­plexe à pro­duire en rai­son du nom­bre d’en­fants et des con­traintes asso­ciées — a ren­du obsolète le pré­texte ini­tial car la guerre du Viet­nam s’é­tait entre temps ter­minée. Cepen­dant, le grand suc­cès du spec­ta­cle a large­ment prou­vé que la petite Annie arrivait à point nom­mé pour redonner con­fi­ance au peu­ple américain…

L’his­toire der­rière l’histoire
C’est en voulant offrir un cadeau orig­i­nal pour l’an­niver­saire d’un ami que le paroli­er Mar­tin Charnin se retrou­va avec des exem­plaires orig­in­aux de la célèbre bande dess­inée. L’a­mi en ques­tion eut un autre cadeau et M. Charnin con­ser­va la col­lec­tion dont la lec­ture, en pleine guerre du Viet­nam, lui parut édi­fi­ante : une idée de comédie musi­cale naquit très vite, mais elle mit 6 années avant de se matéri­alis­er sur une scène de Broad­way. Le com­pos­i­teur Charles Strouse et le libret­tiste Thomas Mee­han accep­tèrent dif­fi­cile­ment l’idée d’adapter une bande dess­inée, mais l’am­biance morose rég­nant sur le pays en ces années 1970 et la force de per­sua­sion de leur ami lyri­ciste (et prob­a­ble­ment la con­vic­tion de tenir là un gros suc­cès), et surtout l’idée de man­i­fester leur haine pour tout ce que représen­tait le prési­dent Nixon, finirent par avoir rai­son de leurs hésitations.

Ver­sions de référence
Comme pour la plu­part des grandes comédies musi­cales musi­cales de cette époque, une adap­ta­tion ciné­matographique en a été faite par rien moins que… John Hus­ton ! Ce film extrême­ment sym­pa­thique (adorable Aileen Quinn et déli­rante Car­ol Bur­nett en direc­trice imbibée !) n’en demeure pas moins quelque peu agaçant par le manichéisme puéril des sit­u­a­tions et par le braille­ment suraigu des orphe­lines chan­tantes ! Une ver­sion hon­or­able a été réal­isée en 1999 par la firme Disney.

Pro­duc­tion orig­i­nale de Broad­way sur disque Colum­bia CK 34712 (1977), ain­si que Sony SK60723

Pro­duc­tion Dis­ney sur disque Sony Clas­si­cal SK 89008 (1999)

Ver­sion ciné­matographique sur disque Colum­bia CK 38000, et bien sûr disponible en vidéo (1982) et DVD