Anne, le musical

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Musique et Paroles de Jean-Pierre-Hadida
Mise en scène de Pierre-Yves Duch­esne et Chris­tine Giua
Arrange­ments de Samuel Sené
Livret d’Is­abelle Huchet

avec :
Claire Bara­dat, Jeanne Gérard, Thierry
Gondet, Estelle Danière, Pierre-Yves
Duch­esne, San­drine Seu­bille, Kevin
Levy, Gaelle Pouliquen, Elodie Attias et
Zacharie Saal.

Vouloir adapter Le Jour­nal d’Anne Frank en drame musi­cal est un exer­ci­ce par­ti­c­ulière­ment périlleux. Anne, le musi­cal parvient néan­moins à nous entraîn­er dans l’an­nexe qui servit de refuge à plusieurs familles pen­dant la Sec­onde Guerre Mon­di­ale. De la rela­tion priv­ilégiée avec son père, de ses pre­mier­sé­mois amoureux en pas­sant par les rap­ports con­flictuels liés à la promis­cuité con­trainte des occu­pants, le spec­ta­cle nous livre le quo­ti­di­en d’une ado­les­cente pleine de vie.

Evi­tant un com­mu­nau­tarisme exces­sif en restant acces­si­ble à un large pub­lic, le spec­ta­cle a une voca­tion péd­a­gogique du devoir de mémoire. L’in­ter­pré­ta­tion est iné­gale, mais le cast­ing attachant et promet­teur. Le livret est bien ficelé et les par­ti­tions, plutôt dis­crètes, accom­pa­g­nent le réc­it. Ce musi­cal doit encore mûrir et trou­ver les moyens pour que s’é­panouisse com­plète­ment la dimen­sion émo­tion­nelle, inhérente à l’his­toire vraie.

Petit bémol : cer­taines scènes sont plus criées que jouées ou chan­tées. Cette surenchère sem­ble inutile d’au­tant qu’elle est con­tra­dic­toire avec le lieu et le temps du réc­it : une annexe dans
laque­lle les pro­tag­o­nistes sont oblig­és de vivre dans le silence qua­si total pour ne pas se faire arrêter par la Gestapo.

Le Jour­nal d’Anne Frank est l’un des témoignages les plus émou­vants de la dépor­ta­tion des Juifs, le spec­ta­cle musi­cal en est un poignant hom­mage, dont on sort la mémoire ravivée et avertie.