Andersen au Vietnam (Critique)

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marionnettes-eauCon­cep­tion du pro­jet : Ngô Quynh Giao et Jean-Luc Larguier
Mise en scène : Ngô Quynh Giao et Nguyen Tien Dung
Créa­tion et sculp­ture des mar­i­on­nettes : Ngô Quynh Giao
Créa­tion musi­cale : Hen­ry Torgue
Créa­tion lumière : Christophe Pitoiset

Pro­posée par le Théâtre nation­al des mar­i­on­nettes sur l’eau du Viet­nam, cette créa­tion est une adap­ta­tion viet­nami­enne de trois con­tes de l’auteur danois : L’intrépide sol­dat de plomb, Le vilain petit canard, et La petite sirène.

Dans l’eau, neuf mar­i­on­net­tistes action­nent et don­nent vie, suiv­ant les tech­niques tra­di­tion­nelles, à des mar­i­on­nettes créées pour le spec­ta­cle et inspirées des per­son­nages d’Hans Chris­t­ian Ander­sen revus à la mode vietnamienne.

Après le suc­cès du spec­ta­cle Le Maître des mar­i­on­nettes, relec­ture d’un spec­ta­cle de mar­i­on­nettes sur l’eau du Viet­nam par le met­teur en scène Dominique Pitoiset, présen­té au musée du quai Bran­ly en 2012, le musée pro­pose un voy­age retour pour les fêtes : le met­teur en scène  Ngô Quynh Giao adapte, pour les mar­i­on­nettes du Théâtre de Hanoi, trois des célèbres con­tes d’Andersen qui font par­tie de l’imaginaire col­lec­tif européen, sur une musique com­posée par Hen­ry Torgue.

Le spec­ta­cle sera traduit en langue des signes française (LSF) le ven­dre­di 27 et same­di 28 décem­bre à 14h, ain­si que le dimanche 29 et lun­di 30 décem­bre à 17h.
Ren­con­tre avec les artistes en bord de scène, à l’is­sue de chaque représen­ta­tion de 17h

Les ren­con­tres du dimanche 29 et du lun­di 30 décem­bre seront traduites en langue des signes français­es (LSF).

Notre avis : Art mil­lé­naire (son orig­ine remonte au 11e siè­cle), les Mar­i­on­nettes sur l’eau du Viet­nam ont su séduire de nom­breux spec­ta­teurs, aus­si bien à l’é­tranger, lors de ses nom­breuses tournées, qu’à Hanoï où leurs représen­ta­tions sont une activ­ité touris­tique incon­tourn­able. Nul besoin cepen­dant d’un Paris-Hanoï pour prof­iter de leur poésie puisque aujour­d’hui, les artistes du Théâtre Nation­al des Mar­i­on­nettes sur l’eau du Viet­nam font escale à Paris pour une série de représen­ta­tions excep­tion­nelles durant les fêtes. Alors que tra­di­tion­nelle­ment, les mar­i­on­nettes sur l’eau dépeignent des scènes de vil­lage ou des légen­des ances­trales, leur nou­velle créa­tion leur per­met de crois­er leur univers naïf et col­oré avec la mélan­col­ie amère des con­tes de Hans-Chris­t­ian Ander­sen, au tra­vers de trois con­tes (L’in­trépi­de sol­dat de plomb, Le vilain petit canard et La petite sirène). Et finale­ment, cette cul­ture viet­nami­enne, qui aime tant mari­er légèreté et mélan­col­ie, se retrou­ve par­faite­ment dans l’u­nivers en demi-teintes de l’au­teur danois.

Le principe : dans un bassin instal­lé sur scène, des mar­i­on­nettes en bois se dépla­cent de façon gra­cieuse : le sys­tème qui per­met de les action­ner est immergé dans l’eau et les mar­i­on­net­tistes sont dis­simulés der­rière un rideau. A l’heure où les diver­tisse­ments utilisent des tech­nolo­gies de plus en plus sophis­tiquées, il y a un cer­tain charme à voir ce spec­ta­cle alliant à la fois poésie, déli­catesse et naïveté et où une sim­plic­ité assumée ne sus­cite pas moins l’émer­veille­ment. Nul doute que la Julie Tay­mor du Roi Lion ne renierait pas ces arti­fices arti­sanaux. Les con­tes choi­sis sont en adéqua­tion avec l’e­space scénique-aqua­tique (quoi de plus évi­dent qu’un canard ou une sirène dans leur univers naturel…) et l’on redé­cou­vre ces his­toires, vierges de toute Dis­ney-ifi­ca­tion, avec leurs fins sou­vent trag­iques. L’im­agerie des mar­i­on­nettes sur l’eau insuf­fle une imagerie col­orée, inso­lite et inédite (atten­dez-vous donc à voir des per­son­nages aux yeux bridés) à des con­tes fam­i­liers. Un spec­ta­cle pour retrou­ver ses yeux d’en­fants, à décou­vrir en famille.