Anandha Seethanen : swinging life !

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Anandha Seethanen

Anandha Seethanen
Anand­ha Seethanen

Par­lez-nous de votre parcours ?
Si je veux remon­ter loin, allons vers mes onze ans. Mon père m’a offert un clavier et, à par­tir de là, j’ai repro­duit les chan­sons qui me plai­saient, à l’oreille (j’ai tou­jours été un peu fâchée avec le solfège). Je me suis mise égale­ment à com­pos­er des petites choses. J’ai pris des cours de théâtre au Cen­tre Cul­turel. Très rapi­de­ment, j’ai eu ten­dance à pren­dre les choses en main. Lec­trice assidue des albums de Tintin, je les trans­po­sais pour la scène. Je m’étais attribué le rôle du pro­fesseur Tour­nesol… Au lycée nous avons mon­té avec les copains une sorte de com­pi­la­tion de pièces du réper­toire sous la for­mule : La jalousie à tra­vers les siè­cles. Ensuite je suis venue à Paris, toute timide. Les choses se sont mis­es en place. Je ne vais pas jouer les bravach­es : en fait je pour­suiv­ais une thèse en lit­téra­ture der­rière laque­lle je me dis­sim­u­lais. Bien enten­du je souhaitais secrète­ment être appelée pour jouer au théâtre afin d’abandonner ce cur­sus sans regret !

Que con­servez-vous comme sou­venir de vos débuts ?
Une ren­con­tre : Olivi­er Rui­dav­et. Nous avons joué ensem­ble dans Boule­vard du musi­cal à Bor­deaux, mis en scène par Oscar Sis­to. Par l’intermédiaire d’Olivier, j’ai rejoint l’équipe du court-métrage Par­adis­co, réal­isé par Stéphane Ly-Cuong. Pour moi c’était extra­or­di­naire : je pou­vais ren­con­tr­er et dis­cuter avec la plu­part des inter­prètes de comédie musi­cale de Paris ! J’étais encore dans ma thèse en lit­téra­ture. La bonne excuse. J’ai retrou­vé Olivi­er et Stéphane pour Les nou­veaux roman­tiques. Là : grand saut dans le vide, j’ai aban­don­né l’université ! J’étais très famil­ière de la var­iété anglo-sax­onne des années 80, en revanche la chan­son française… Ce fut une décou­verte. J’adore ça, explor­er de nou­veaux ter­ri­toires. Mark Mar­i­an, qui fai­sait par­tie de la troupe,  a créé le quatuor vocal  Parisian Way et m’a embar­quée pour une série de con­certs a capel­la au Japon, sur un réper­toire de repris­es qui va du chant de Noël au gospel en pas­sant par la chan­son française ! Expéri­ence nou­velle, extrême­ment enrichissante dans un pays aux codes cul­turels très dif­férents de ceux que nous con­nais­sons… Ce tra­vail à qua­tre voix a été une excel­lente école pour l’ap­pren­tis­sage des innom­brables choeurs du Roi Lion où je chante aus­si bien les par­ties alto que sopra­no. Parisian Way, c’est mon « quatuor de coeur » !

Arrive ensuite Le Roi Lion.
Oui, j’ai inté­gré l’équipe de ce spec­ta­cle imposant. En ter­mes tech­niques, je suis « swing cov­er ». Tra­duc­tion : je peux rem­plac­er au pied levé n’importe quel rôle de l’ensemble. En out­re, j’ai appris deux rôles pour lesquels je suis dou­blure. Autant le dire, au début c’est un peu ingrat de se retrou­ver dans les loges sans savoir si oui ou non on va jouer et, le cas échéant, quel rôle… Men­tale­ment, il faut s’y pré­par­er. Finale­ment, c’est une dis­ci­pline et j’y trou­ve mon compte : c’est intéres­sant de ne jamais jouer le même rôle. Après deux saisons, je serai de nou­veau à Mogador à la rentrée.

Et Swing­ing Life ?
Le Roi Lion m’a per­mis de ren­con­tr­er des per­son­nes for­mi­da­bles. Avec plusieurs d’entre elles, nous jouons Swing­ing Life. En résumé, sous l’impulsion de Valery Rodriguez qui a rédigé le livret du spec­ta­cle,  nous revisi­tons les meilleures pages des musi­cals noirs améri­cains en suiv­ant la chronolo­gie, de Duke Elling­ton aux années 70. La forme est celle d’une revue qui procède par touch­es impres­sion­nistes, avec des per­son­nages qui pos­sè­dent cha­cun une car­ac­téris­tique par­ti­c­ulière. Nous avons créé le spec­ta­cle en mai et sommes ravis de pou­voir le jouer tout le mois de juil­let ! Avec les choré­gra­phies, les nom­breux change­ments de cos­tumes au cours des trois actes, c’est très physique. Six musi­ciens nous accom­pa­g­nent et font son­ner les numéros, c’est un régal.
En out­re, je ne quitte plus les planch­es puisque vous pour­rez égale­ment me voir dans Anoth­er Road, le spec­ta­cle de Bar­bara Scaff pro­gram­mé dans le fes­ti­val des Musi­cals à l’Européen. Je suis ravie d’en faire par­tie. Si je con­nais­sais les prin­ci­paux titres des Bea­t­les, groupe sur lequel le spec­ta­cle se base, j’ai décou­vert nom­bre de leurs com­po­si­tions et ne m’en lasse pas. Venez nous voir, vous aurez une toute nou­velle vision des Beatles !

En plus de votre actu­al­ité chargée, vous avez des désirs pour la suite ?
Si j’ai quelques min­utes, je retourn­erai à mes com­po­si­tions, j’aime écrire des chan­sons, paroles et musiques. En faire un réc­i­tal me plairait. Je me ver­rais bien aus­si mon­ter un spec­ta­cle musi­cal avec du jazz dedans ! J’adore cette musique riche, qui donne une large place à l’improvisation. A bien réfléchir, ce que j’éprouve sur une scène n’a jamais changé depuis mes pre­miers pas jusqu’à aujourd’hui. Même si le terme est gal­vaudé, je par­lerais d’instants mag­iques puisque la sen­sa­tion que vous éprou­vez, con­fron­tée au pub­lic, est le fruit d’un tra­vail très réel et de ce retour impal­pa­ble. Recevoir l’approbation du pub­lic par ses applaud­isse­ments est une grat­i­fi­ca­tion hors norme. Enfin j’aimerais tir­er mon cha­peau à toutes celles et tous ceux qui per­sis­tent à faire ce méti­er mal­gré les aléas, mal­gré tous les écueils. Leur com­bat­iv­ité, leur pas­sion mérite votre curiosité. Allez voir des spectacles !