Alyssa Landry, dans le monde d’Ilona

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Alyssa Landry © Bruno Perroud

Alyssa Landry, vous êtes Ilona dans Ren­dez-Vous (She Loves Me), con­naissiez-vous l’œu­vre avant de l’interpréter ?
Pas du tout. J’ai écouté, avant l’au­di­tion, la ver­sion de Ruthie Hen­shall et je trou­vais ça à tomber par terre. Mais je ne con­nais­sais pas car ce n’est pas une comédie musi­cale qui se joue tant que ça.

La dis­tri­b­u­tion est très ori­en­tée « théâtre musi­cal » avec en plus Kad Mer­ad, acteur pop­u­laire de ciné­ma. Com­ment s’est fait le tra­vail d’équipe avec ce mélange ?
Je dirais que ça a démar­ré un peu lente­ment car je pense que Kad était sans doute pudique ou peut-être intimidé. On n’a pas les mêmes façons de tra­vailler. Il a plus l’habi­tude d’un tra­vail sur la courte durée, le temps d’une prise, et nous, c’est plus un tra­vail de longue haleine. Ca a mis quelques semaines à se met­tre en place, mais ce qui a été très intéres­sant pour nous, ça a été de voir sa façon de tra­vailler dans l’im­pro­vi­sa­tion, dans l’hu­mour, il pro­pose des choses. Et ça a été enrichissant pour tous de s’in­spir­er les uns des autres, de nos dif­férences de méthodes.
Sinon, on aurait pu red­outer l’ar­rivée d’une star, mais c’est quelqu’un de très sim­ple, généreux, qui a tout de suite ouvert sa loge. Il est fédéra­teur dans une équipe.

Venons-en à votre per­son­nage. Com­ment le définiriez-vous ?
L’ex­pres­sion qui vient sou­vent, c’est « coeur d’ar­tichaut ». Moi, Améri­caine, j’ai tou­jours pen­sé que « coeur d’ar­tichaut » définis­sait quelqu’un qui était comme un héris­son à l’ex­térieur et tout ten­dre à l’in­térieur, mais ce n’est pas ça du tout ! (rires) En tout cas, ça cor­re­spond bien à Ilona, qui tombe amoureuse tout le temps mais qui, à chaque fois, croit que ça va être le grand amour. C’est quelqu’un de très naïf et de réal­iste à la fois. Elle a beau­coup de paradoxes.

Qu’est-ce qui vous intéresse le plus dans le fait de jouer ce personnage ?
C’est un per­son­nage qui passe par plein d’é­mo­tions, de l’é­tat amoureux à la colère, en pas­sant par un numéro drôle… En plus, je peux danser et ça fait des années que je ne l’avais pas fait. En fait, ce n’est que du plaisir ! (rires)

Quel moment vous plaît le plus dans le spectacle ?
Quand je danse le pas de deux avec Lau­rent, dans sa chan­son « Ilona ». Pour­tant, je ne dis rien et je ne chante rien, mais c’est un moment où je suis au départ dans un état de douleur et de tristesse, et il parvient à me re-séduire dans cette chan­son… avant de me décevoir à nou­veau, ce qui m’amène ensuite à chanter « Je ne veux plus ». J’adore ce pas­sage-là car Ilona tra­verse plein d’é­tats différents.

Y a‑t-il des choses de vous que vous retrou­vez dans ce personnage ?
Je pense qu’à de rares excep­tions près, on est tous naïfs quant il s’ag­it de l’amour. On a tous envie de ren­con­tr­er le vrai amour, de le voir dans la per­son­ne qu’on vient de ren­con­tr­er. Ce que vit Ilona est très uni­versel. L’en­vie de croire à l’amour par­le à beau­coup de gens, non ?