Alexandre Bonstein — Quand l’auteur dicte sa loi…

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Alexandre Bonstein ©DR
Alexan­dre Bon­stein ©DR

Com­ment ce spec­ta­cle est-il né?
L’as­so­ci­a­tion Han­di-Art, qui oeu­vre par et autour de l’art, en faveur des per­son­nes hand­i­capées, a sol­lic­ité Dove Attia pour mon­ter une pièce qui mêlerait à la fois de la comédie et des repris­es de chan­sons célèbres détournées de leur con­texte, dans le but de chang­er les men­tal­ités sur le hand­i­cap. L’ob­jec­tif par­al­lèle était de don­ner du tra­vail à des artistes hand­i­capés et ain­si révéler des tal­ents mécon­nus et hors du com­mun. C’est Dove Attia qui a eu l’idée du con­cept : un ban­dit se retrou­ve dans un cen­tre d’ac­tiv­ités pour hand­i­capés. Il m’a demandé d’écrire la suite et de trou­ver des chan­sons con­nues pour ponctuer la pièce.

Com­ment avez-vous écrit l’his­toire et choisi les chansons ?
Dove avait plan­té le décor, j’ai con­tin­ué sur le ton de l’hu­mour et de la poésie à con­fron­ter ces deux mon­des. J’ai imag­iné cette his­toire de spec­ta­cle de fin d’an­née que les per­son­nes du cen­tre étaient en train de mon­ter, le fait qu’ils pren­nent les ban­dits pour des comé­di­ens, etc. Je me suis égale­ment régalé à créer les per­son­nages notam­ment celui de la direc­trice très con­de­scen­dante, pris­on­nière de ses bons sen­ti­ments. Quant aux chan­sons, je les ai choisies sur le thème des hors la loi et en rap­port direct avec la per­son­nal­ité des comé­di­ens choisis.

Com­ment s’est déroulé le casting ?
Nous voulions que la pièce soit inter­prétée par des comé­di­ens valides et hand­i­capés mais avant tout d’un niveau pro­fes­sion­nel. Ce ne fut pas une mince affaire car peu d’artistes hand­i­capés sont référencés en agence. Bruno Berberes s’y est notam­ment attelé. Le cast­ing est resté le même depuis le début (à l’ex­cep­tion de Lau­rent Ban).

Com­ment s’est passée la col­lab­o­ra­tion avec Agnès Boury ?
Nous avons com­mencé à tra­vailler de con­cert dès que le cast­ing a été arrêté. Elle m’a don­né beau­coup d’idées sur la façon d’ex­ploiter les per­son­nages dans l’his­toire. Nous avons tra­vail­lé sur les dia­logues mais égale­ment sur les sit­u­a­tions en scène, sur le choix des chan­sons… Bref, nous avons beau­coup brain­stor­mé ! Quand les répéti­tions ont com­mencé, je me suis effacé pour endoss­er le rôle de l’as­sis­tant (pénible) en inter­venant plus ou moins sou­vent, en com­mençant mes phras­es par : « Oui, mais là ce que je voulais dire quand je l’ai écrit… » Et je dois recon­naître à Agnès une grande qual­ité d’écoute.

Les Hors la loi © Dominique Guyomar
Les Hors la loi © Dominique Guyomar

Vous com­mencez à bien vous con­naître tous les deux…
Je l’ai ren­con­trée il y a dix ans, lors d’un voy­age à New York, mais je l’ai mieux con­nue quand j’ai mon­té Créa­tures. C’est la pro­duc­tion qui avait pen­sé à elle pour la mise en scène, car elle maîtri­sait déjà bien le théâtre musi­cal. J’ai tout de suite été séduit par son investisse­ment et son souci de servir le texte. Ce qui est pré­cieux, c’est que nous nous com­prenons. Enfin surtout elle !… Pass­er le relais au met­teur en scène n’est pas une chose aisée, mais avec Agnès le spec­ta­cle est tou­jours en mou­ve­ment, il con­tin­ue d’évoluer à chaque représen­ta­tion. Pour moi elle incar­ne vrai­ment la déf­i­ni­tion du spec­ta­cle vivant, c’est la seule per­son­ne que je con­nais qui donne des notes après une dernière !

Les hors la loi est un spec­ta­cle très vivant alors ?
Oui, d’au­tant plus que pour des raisons divers­es et var­iées, nous avons eu très peu de temps pour répéter. Il nous arrive sou­vent de ten­ter une idée nou­velle directe­ment sur scène !

L’ex­péri­ence de Créa­tures a for­mé une équipe on dirait…
Elle m’a effec­tive­ment per­mis de décou­vrir le tra­vail d’Ag­nès. Ce fut égale­ment l’oc­ca­sion de for­mer un noy­au avec Ari­ane Pirie et Patrick Laviosa dont je suis fan. Nous parta­geons les mêmes goûts, et ils m’in­spirent beau­coup. Ce n’est pas un clan fer­mé. Le cer­cle con­tin­ue de s’a­grandir grâce aux ren­con­tres faites avec l’équipe du Cabaret des Hommes Per­dus et des Hors la loi.

A quelques jours de la pre­mière, quel est votre état d’esprit ?
Je suis très con­tent d’avoir l’oc­ca­sion de voir remon­ter sur scène Les hors la loi et en même temps soucieux. J’au­rais aimé avoir plus de temps de répéti­tion avec l’équipe. J’es­saye d’être présent lors des représen­ta­tions, le plus sou­vent pos­si­ble. C’est à la fois un plaisir et en même temps l’oc­ca­sion de con­tin­uer à le faire évoluer.

Quels sont vos projets ?
Je suis actuelle­ment en phase d’écri­t­ure pour un nou­veau spec­ta­cle, mais il est encore trop tôt pour que je vous en dise davantage…