50 et des nuances (Critique)

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50-et-des-nuances

50-et-des-nuancesAdap­ta­tion : Aman­da Sthers
Mise en scène : Ned Grujic
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Annabel­la Style : Mathilde Hennekinne
Pam : Car­o­line Devismes
Bea : Isabelle Turschwell
Car­ole : Vir­ginie Bracq
Christophe Gris : Lau­rent Conoir
Miguel : Djamel Mehnane
Eti­enne : Eti­enne Ducamain
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Musi­ciens sur scène :
Gui­tare Basse : Bertrand Dessoliers
Claviers : Jean-Philippe Heurteaut
Bat­terie — per­cus­sions : Syd­ney Thiam

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Directeur vocal : Jere­my Reynolds
Choré­graphe : Valérie Masset
Créa­tion lumières : Anto­nio de Carvalho
Déco­ra­trice : Danièle Rozier
Cos­tu­mi­er : Jef Castaing

« Après avoir fait hurler de rire l’Amérique, « 50 … et des nuances ! », la par­o­die musi­cale du célèbre best-sell­er mon­di­al « Cinquante nuances de Grey » arrive enfin en France… Menée tam­bour-bat­tant par une troupe déli­rante et un orchestre live, ce spec­ta­cle va sec­ouer vos sens et vos zygomatiques ! »

Notre avis :

Et Paris accueil­lit 50 et des nuances, annon­cé à grands ren­forts de visuels et de publicités…
On allait voir ce qu’on allait voir. Donc on a vu. Et là, pata­tras… Car 50 et des nuances laisse vrai­ment scep­tique. Pour le moins.
Directe­ment inspiré du best-sell­er de E.L. James ‑véri­ta­ble phénomène littéraire‑, le spec­ta­cle se veut  une « par­o­die musi­cale » de ce roman éroti­co-sen­ti­men­tal à très forte ten­dance SM. Bon, il ne faut pas se plain­dre, on était prévenu. Direc­tion donc le Palace pour décou­vrir la comédie qui « fait hurler de rire l’Amérique » : se retrou­vant pour une soirée-filles « sans mec et sans gosse », trois trente­naires déci­dent de se lancer dans la lec­ture de « 50 et des nuances », l’histoire d’Annabella Style, jeune améri­caine inno­cente embar­quée dans une rela­tion sado­ma­so avec un cer­tain Christophe Gris. Elle ne con­nait rien à l’amour, il promet de l’emmener au 7ème ciel et tous les moyens seront bons, y com­pris les plus spéciaux.
Pas­sons sur l’histoire –, si le livre n’a pas boulever­sé le monde de la lit­téra­ture, il en sera de même pour le livret du spec­ta­cle- que l’on aurait pu tout aus­si bien inti­t­uler « Can­dy au Sex-Shop ». Après tout pourquoi pas. Pour le reste, tan­dis les pages se tour­nent, nous suiv­ons les tribu­la­tions de notre jeune héroïne dans cet univers bien par­ti­c­uli­er, mais c’est bien laborieux.  Dans un décor qui com­porte au plus fort de l’action un canapé et une table basse, c’est une suc­ces­sion de blagues tartes à la crème et de chan­sons que les Gross­es Têtes ne renieraient pas. Ça crie, ça glousse et chaque réplique enfonce des portes ouvertes. La salle sourit alors on s’accroche. On voudrait y croire. Car après tout, Mathilde Hen­nekinne est touchante dans son rôle de jeune vierge totale­ment inex­péri­men­tée. Autour d’elle, les jeunes comé­di­ennes ont beau met­tre toute leur voix et toute leur meilleure volon­té, Eti­enne Duca­main a beau pass­er et repass­er les fess­es à l’air, rien à faire, ça ne prend pas : les paroles sont franche­ment pau­vres don­nant l’impression d’une sim­ple tra­duc­tion lit­térale de la pièce améri­caine, la mise en scène pas vrai­ment révo­lu­tion­naire, les chan­sons dignes d’un karaoké, bref tous les ingré­di­ents d’un enter­re­ment de vie de jeune fille. Le tout ponc­tué d’inutiles petites par­en­thès­es des comé­di­ens qui sor­tent de leur rôle pour com­menter cer­tains pas­sages du livre, au cas où l’on n’aurait pas compris.
Bref, un ensem­ble qui parait mon­té à la va-vite et qui laisse vrai­ment sur sa faim. Au milieu de ce car­naval tris­tounet, la jeune Mathilde Hen­nekinne parvient tout de même à sor­tir du lot, réus­sis­sant à tir­er son épin­gle du jeu avec une inter­pré­ta­tion con­va­in­cante et amu­sante d’Annabella Style. Elle est ce que l’on retient en quit­tant la salle, et en repas­sant devant les affich­es. L’Amérique a hurlé de rire ? C’était peut-être du 2nd degré…