22h13 (ce titre est susceptible d’être modifié d’une minute à l’autre) (Critique)

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Créé au Rond Point en 2009, ce spec­ta­cle nous fait pénétr­er dans l’ate­lier du plas­ti­cien et vidéaste loufoque Pier­rick Sorin. Auto-filmeur, du Super 8 au numérique, qui lui a per­mis d’é­ten­dre encore plus sa palette, avec tou­jours un sec­ond degré (min­i­mum) bien­venu, l’artiste a conçu et mis en scène ce spec­ta­cle, pro­posant à Nico­las San­si­er de l’in­car­n­er. Le comé­di­en se révèle le dou­ble par­fait de cet inven­teur, bidouilleur-poète capa­ble de danser au milieu de pois­sons rouges, de créer une fontaine faite d’une baguette de pain et de lait, d’in­té­gr­er une chaus­sette érec­tile dans l’ar­chi­tec­ture con­tem­po­raine, d’en­vis­ager le crachat col­oré comme un art, de se faire courir ad lib sur un vinyle… Autant dire que ces instal­la­tions amu­santes provo­quent sou­vent une sorte de bond dans le temps : Pier­rick Sorin comme digne héri­ti­er de tous ces magi­ciens et inven­teurs, tel Méliès, qui ne ménagèrent pas leurs efforts pour faire rêver le pub­lic. Durant une heure et demie nous suiv­ons l’artiste dans sa journée, de recherch­es plus ou moins abouties en ren­dez-vous avec des con­seillers retraites assom­mants, sans compter les nom­breux appels télé­phoniques pris en charge par le répondeur.

Tout com­mence avec un embrouil­lami­ni de papiers que l’artiste a, tech­nique­ment, du mal à met­tre à la poubelle. Les pre­mières min­utes du spec­ta­cle, un rien incer­taines, font vite la place à une suite de scènettes déli­cieuses où recherch­es plus ou moins vaseuses, éclairs de génie, angoisse de la créa­tion nous per­me­t­tent de com­pren­dre le fonc­tion­nement de cet artiste hors norme. Et nous voilà emporté dans ses délires avec un plaisir com­plice. Son psy, his­toire de lui per­me­t­tre de se recen­tr­er un peu, est formel : il doit ranger son ate­lier en dansant. Ca tombe bien, lui qui déteste ça. Quelques pas esquis­sés prélu­dent à une chan­son douce pour s’en­dormir. Ce qui n’est pas le cas des spec­ta­teurs, à moins d’être en jet lag, qui en rede­man­dent ! Autant dire que l’on aimerait bien que Pier­rick Sorin se frotte à la comédie musi­cale, lui qui a sou­vent tra­vail­lé pour l’art lyrique.

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